Evénement

Eagles : la vie à vitesse grand V

L’ouvrage débute le soir du 31 juillet 1980, à la Long Beach Arena, Californie. Tandis que les Eagles sont sur scène, le chanteur guitariste Glenn Frey lance au guitariste soliste Don Felder : » Va te faire foutre, dès que le concert est fini, je te casse la gueule ». Ce dernier rétorque : « J’ai hâte »…. Des engueulades entre Don Felder et Glenn Frey, il y en a eu entre les conflits d’égo de chacun et la pression monumentale que le groupe subit depuis l’ascension au sommet de la gloire. Mais ce soir, c’en est bien fini. Formé en Californie en 1971, The Eagles dont les ventes d’albums se comptent par dizaines de millions, reste aujourd’hui parmi les plus grands noms du pop rock du 20eme siècle. Chef de file du country folk, le quintet rencontre très  le succès  avec son premier album éponyme et s’impose avec un titre iconique:  » Take it Easy ». Avec l’arrivée de Joe Walsh en 1974, les Eagles opèrent alors un changement radical avec un nouveau son pop rock qui qui les mènera au sommet et à la gloire  grâce à un album phare « Hôtel California ». Avec cinq singles numéro un, 14 succès dans le Top 40 et quatre albums numéro un, les Eagles sont l’un des plus grands groupe américains des années 1970. En quarante ans de carrière, leur compilation « Greatest Hits (1971-1975) » et « Hotel California » se classent parmi les dix albums les plus vendus à travers le monde. La popularité de Long Road Out of Eden sorti en 2007 démontre que malgrè des hauts et des bas, les musiciens ont franchi le cap des années 2000. Le groupe Californien a bâti son succès avec un mélange de folk et de country sur la scène locale de Los Angeles à la fin des années 60, soutenu par des groupes tels que Flying Burrito Brothers et Poco ( les deux ont contribué aux membres des Eagles). A l’arrivée du guitariste Joe Walsh (ex-James Gang), le groupe durcit le ton avec un virage à 180° vers le rock’n’roll. Le batteur Don Henley occupe une place centrale comme chanteur leader mais s’impose surtout comme un magnifique auteur qui apporte profondeur et maturité aux compostions. Dans ses textes, il dénonce un mode de vie occidental à la dérive, évoque les dangers du succès, les excès en tout genres (les drogues, l’alcool, les filles). Autant de sujets qui concernent directement les Eagles après des tournées toujours plus longues, toujours plus épuisantes, ce rythme infernal d’où surgissent d’inévitables tensions. Si dans leurs premiers albums, les cinq musiciens se cherchent, tâtonnent dans un country rock peu convaincant, avec l’arrivée de Joe Walsh les mélodies et les harmonies pop s’articulent autour de la rythmique efficace de Randy Meisner (chant, basse) et de Don Henley. Le jeu des guitares croisé de Don Felder et de Joe Walsh frôle souvent des sommets d’extase en live. C’est ce mariage des voix, ces guitares rock où chaque note est alignée de manière précise qui fera le son du groupe. Les saillies de guitare aigüe et stridente de Joe Walsh renforcent l’ossature des titres les plus les plus rock. Leur chef d’œuvre « Hôtel California » reste aujourd’hui le disque de référence avec ce succès phénoménal 32 millions d’exemplaires écoulés dans le monde. Rythmique impeccable, perfection vocale, mélodies entêtantes, rythmiques pop groovy, The Eagles aura bien été l’un des maîtres de la pop rock des 70-80. Le groupe pris dans le tourbillon de la célébrité drogue, connaitra un lent déclin et des relations tendues que l’on mentionne plus haut. Dans ce livre le journaliste Alexis Hache revient avec moult détails sur l’ensemble de leur riche carrière jusqu’à la disparition de Glenn Frey en 2016. A lire et à relire sans modération avant le 26 mai prochain, date à laquelle Don Henley, Joe Walsh et Timothy B. Schmit, Deacon Frey et Vince Gill se produiront au Sportpaleis d’Anvers, en Belgique. Qu’on se le dise.

The Eagles : Life in The Fast Lane par Alexis Hache
236 pages

Par Jean-Christophe Mary - Publié le

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