Evénement

La Fiac 2018 s’engage et innove

Depuis son arrivée en tant que directrice artistique à la Fiac, Jennifer Flay a réussi à hisser cette foire d'art parmi l'une des plus convoitée au monde. Et elle affirme que bientôt la Fiac s'affichera au sommet de la renommée internationale.

Bel endroit pour une rencontre. Jennifer Flay propose un rendez-vous à 10 heures à l’Hôtel Grand Amour, rue de la Fidélité dans le 10e arrondissement. Toujours généreuse de son temps, elle parle de la foire qu’elle a reprise en 2003 au moment où Beaux-Arts Magazine titrait “Fiac, 30 ans, anniversaire ou enterrement ?” Une période noire où les jeunes galeristes avaient perdu espoir en cet événement qui s’étiolait dans les lieux sans âme de la porte de Versailles… En quinze ans, tout a changé ! Lorsque la galeriste accepte ce poste de directrice de la Fiac, elle a déjà dans l’idée d’en faire le premier salon d’art au niveau mondial. Jennifer Flay a presque atteint son but ! Ambitieuse, forte, pugnace, sensible, elle se bat pour un art contemporain et moderne qui s’adresse aussi bien aux collectionneurs qu’au grand public. Peu à peu, ses projets se montent, se réalisent, et les partenaires que sont « le ministère de la Culture et la mairie de Paris la soutiennent ». La jeune femme originaire de Nouvelle Zélande souhaite « Réaliser une foire qui ne peut se faire qu’à Paris et qu’en France en investissant le merveilleux patrimoine de la capitale. » Le Grand Palais est trop petit ? Qu’à cela ne tienne ! Jennifer Flay déborde sur l’espace public : d’abord le jardin des Tuileries, depuis deux ans le Petit Palais pour exposer des œuvres monumentales et, aujourd’hui, la place de la Concorde avec quelques-unes des plus grandes galeries du design français (Philippe Gravier, Jousse Entreprise, Laffanour-Galerie Downtown, Patrick Seguin, etc.) qui dévoilent un village éphémère de maisons d’architectes inouïes. Abandon total de la verticalité place Vendôme qui a vu les installations monumentales de Jaume Plensa, Tadashi Kawamata, Paul McCarthy, Dan Graham, Ugo Rondinone, Oscar Tuazon au fil des ans. Pour 2018, la directrice de la Fiac annonce un projet mystérieux et magique de deux artistes, l’un danois, l’autre norvégien : Elmgreen & Dragset, représentés par la galerie Perrotin. Jennifer Flay ne se lasse pas de parler du côté « poétique et écologique » de cette installation avec des étoiles de mer échouées sur la place Vendôme. « Les cent étoiles de mer rappellent l’urgence de changer le monde actuel, mais symbolisent aussi, par leur capacité à se régénérer et à survivre même à de graves amputations, l’espoir d’une croissance nouvelle et de changements de mode de vie. » Le tout en parfaite adéquation avec l’objectif que se fixe Jennifer Flay pour la Fiac. L’un de ses buts est d’ailleurs « que le maximum de visiteurs puissent voir le plus d’œuvres possible, que le grand public ait accès à l’art moderne et contemporain grâce aussi aux programmations de films, de performances, de lectures comme celle donnée par Sophie Bourel sur les œuvres de la poétesse et artiste Etel Adnan ou encore d’une soirée jazz hommage à Franz West au Centre Pompidou le 18 octobre ou bien d’un spectacle de danse de Ruth Childs au Palais de la découverte le 20 octobre, sans oublier, bien sûr, la Nocturne des Galeries le jeudi 18 octobre ! » Alors, les mots-clefs de la Fiac 2018 ? « “Engagement et innovation” n’hésite pas à répondre Jennifer Flay, cela reflète le monde dans lequel nous vivons. »

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Fiac Grand Palais

Avenue Winston Churchill, 75008, Paris www.fiac.com
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La Fiac veut s'imposer face à ses rivales

Parvenue dans le top trois des foires d’art mondiales, Jennifer Flay ne craint absolument pas d’avouer désirer la première place ! Et c’est tant mieux. Ses rivales ? La foire de Bâle et Frieze à Londres. Et elle compte bien balayer les points faibles de la Fiac dus au fait de “ses pérégrinations” depuis sa création à Bastille, à l’espace Eiffel-Branly, à la porte de Versailles et enfin au Grand-Palais… Un lieu qui convient à ce salon en termes de prestige, mais bien trop petit. Comment lutter avec 13 500 m2 face aux 140 000 m2 de Messe Basel qui peut ainsi accueillir « au moins cent galeries de plus par rapport à la Fiac ! » Tandis que la Suisse est réputée, elle, pour l’importance et la facilité avec laquelle les affaires peuvent s’y traiter. Foin de ses obstacles. Un espace trop petit ? Jennifer Flay étend son territoire dans les lieux partenaires proches. Au musée Delacroix, s’élèvent les sculptures de Rebecca Warren, au Petit Palais se sont installées les œuvres monumentales de Dieter Appelt chez Françoise Paviot, John DeAndrea chez Georges-Philippe & Nathalie Vallois ou Olivier Mosset chez Torri, tout comme avenue Winston Churchill qui accueille les travaux de Rosa Barba chez Vistamare-Pescara, Barry Flanagan chez Waddington Custot, Lang & Baumann, chez Loevenbruck ou Stefan Nikolaev chez Michel Rein…

La directrice artistique attend avec impatience la rénovation du Grand Palais pour 2023 et ses 23 000 m2 attendus dont 17 000 m2 pour la nef et les balcons. « Nous avons prévu justement les travaux du Grand Palais pour éviter à nouveau de mauvaises conditions qui nuiraient à la foire. Les autorités ont compris que la Fiac, comme toutes les autres manifestations qui ont lieu dans le Grand Palais, doit garder une belle image. Nous avons donc travaillé ensemble et nous sommes heureux du résultat et du choix du lieu. Pendant les travaux, les tentes où se dérouleront les manifestations sur le Champ-de-Mars seront dignes d’accueillir nos visiteurs. » Et de poursuivre « lors de notre retour au Grand Palais, nous deviendrons le premier salon au monde. » Cela a toujours été son but. En effet, « l’espace va pouvoir se démultiplier avec l’aménagement des bas-côtés sur tous les étages et la circulation pourra se faire à tous les niveaux. » Car la Fiac fait figure d’aimant et attire désormais une foule d’événements, de partenariats médias, d’entreprises sponsors qui se greffent dans son sillage. Les musées publics et privés de la capitale pendant cette semaine consacrée à l’art sortent le grand jeu, les maisons de vente aux enchères réalisent leurs meilleurs résultats dans l’art moderne, contemporain et dans le design, secteur de nouveau représenté à la Fiac place de la Concorde ! Par ailleurs, accueillir à la fois les mastodontes internationaux, les ténors locaux, s’ouvrir à la jeune création par le biais de l’ultra-branché Espace Lafayette et à de nouveaux territoires avec des galeries pointues tout en proposant une programmation d’événements artistiques hors les murs sont autant d’éléments qui devraient contribuer à conquérir et séduire le monde de l’art.

18 au 21 octobre
12 h à 19 h ou 20 h selon les jours
38 €

Par Anne Kerner. Photos : Marc Domage / © 2018 Katharina Grosse and VG Bild-Kunst, Bonn. Photo by Alessandro Vasari. Courtesy Gagosian / Pilar Albarracín. Bleue, 2018. Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois - Publié le

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