Expositions

Jannis Kounellis Dépouiller la Monnaie de paris

Extraordinaire ! L’artiste grec, pionnier de l’Arte Povera avec Mario Merz ou Giuseppe Penone, envahit les 1 000 m2 rénovés des salons XVIIIe du palais de la Monnaie. « Je viens à Paris les mains vides, comme un vieux peintre », dit-il. Et, trente ans après sa première exposition parisienne en 1985, le voilà qui conçoit son exposition comme une fresque. Une merveilleuse installation monumentale où il fait dialoguer œuvres et architecture. Ici, le lieu est plus qu’inspirant. Superbe, Tout en dorures et lustres à pampilles, avec encore ses colonnes, ses marbres, ses peintures… Au centre de la salle d’apparat, il installe d’immenses chevalets en fer sur lesquels sont posées des plaques en acier avec les inscriptions de dates de naissance d’artistes et sur le sol en damier noir et blanc il répand des clous. Dans un salon mouluré et peint sur tous ses murs, du sol au plafond, il place, incongrûment, un portemanteau en bois où sont accrochés un manteau et un chapeau noir. Dans une autre pièce, face à la lourdeur de vieilles couvertures montées sur des sortes de crochets de boucher, une danseuse en tutu blanc et pointes se meut au gré de la musique que joue un violoniste à ses côtés. Dans une autre salle encore, sept lits de camp accueillent des plaques de fer enroulées dans des couvertures militaires… On l’a compris. L’artiste propose au visiteur une véritable expérience et aussi la redécouverte de ses principales œuvres comme de sa conception de l’art. Tout est réalisé à partir de matériaux industriels à l’état brut comme le charbon, le bois, le métal, des sacs de toile de jute, des clous… Ainsi, Kounellis, ce révolutionnaire des matériaux “pauvres”, s’est inspiré de la Monnaie de Paris et de sa manufacture, pour interpeller le visiteur sur les processus de fabrication. Car c’est également dans l’intuition des formes, dans le modelage qu’advient le projet de l’artiste comme pour les artisans de la Monnaie de Paris. Ici, bat le rythme, naissent la forme et l’orchestration et, surtout, a lieu le travail du feu. « Le travail de Kounellis semble tirer son origine d’une forme de “ritualité”. À la manière du Saint Thomas de Caravage (l’un des tableaux préférés de Kounellis), l’artiste enfonce le doigt dans les plaies de la création », explique Chiara Parisi, commissaire de l’exposition.

De 11 h à 19 h, 22 h le jeudi. 12 €.
Jusqu’au 30 avril

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Jannis Kounellis La Monnaie de Paris

11 Quai de Conti, 75006, Paris www.monnaiedeparis.fr
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Par La Rédaction. Photos : Manolis Baboussis, La Monnaie de Paris - Publié le

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