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Le Grand Musée du Parfum, Un musée qui a du nez

Le Grand Musée du Parfum ouvre ses portes dans la capitale. Didactique, chic et ludique, ce nouveau lieu dévoile l'univers des senteurs à travers une promenade multi-sensorielle. Visite guidée.

Pour accueillir ce musée, il fallait un écrin de choix comme le 73 Faubourg Saint-Honoré, adresse emblématique de la maison Christian Lacroix à la fin des années 1980 qui symbolisait l’élégance parisienne. En face de l’hôtel Bristol, cet immeuble de 1 400 m2, en fond de cour, a été désossé puis réaménagé avec un décor mêlant blanc optique, gris perle et doré afin de rendre palpable l’invisible, à savoir les odeurs et les parfums.

Financé par des fonds privés, il bénéficie du soutien du Syndicat Français de la Parfumerie, du laboratoire IFF (International Flavor & Fragrances, une des plus puissantes sociétés au monde qui invente chaque année de très nombreuses odeurs), de la bienveillance et du savoir d’un comité d’experts prestigieux pour asseoir sa notoriété, de Nicolas Beaulieu, parfumeur-créateur chez IFF, à Jean-Claude Ellena, le nez d’Hermès, Elisabeth de Feydeau, historienne et écrivaine du parfum, fondatrice d’Arty Fragrance, Mathilde Laurent, le nez de Cartier ou encore Élisabeth Sirot, la directrice du patrimoine chez Guerlain.

Le Grand Musée du parfum se veut à la fois « scientifique, créatif et grand public », selon son président Guillaume de Maussion. Sur quatre étages, le visiteur explore le parfum à travers les facettes historiques, visuelles et sensorielles. Faisant le grand écart de l’Antiquité à la parfumerie d’aujourd’hui, le néophyte ressortira plus que calé sur les essences.

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Le Grand Musée du Parfum

73 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris Tel : 01 42 65 25 44 www.grandmuseeduparfum.fr
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Dans la Galerie des Séducteurs, se dévoilent sept récits de couples fictifs ou réels, où le parfum joue un rôle déterminant, comme dans l’esprit de conquête qui lie Cléopâtre à Marc Antoine. Le sacré se mêle au pouvoir et au poison. Trois coupelles permettent de sentir la myrrhe, l’encens et l’oliban, sources sacrées d’immortalité de l’Égypte ancienne. Une salle voûtée dévoile des parfums aux vertus protectrices, curatrices ou rajeunissantes. Dans une autre pièce des flacons, rangés dans de luxueuses vitrines, illustrent les liens étroits entre la couture (Chanel, Dior, Paul Poiret…) et le parfum dès 1930.

À l’étage, des poires permettant d’inhaler les odeurs et un bouquet de roses ouvrent la porte de la chimie du parfum. Voilà l’odeur naturelle, constituée de quatre cents molécules, remplacée par trois éléments de synthèse en laboratoire. Un jeu de pistes explore le lien entre odorat et émotions et comment la mémoire retient les odeurs. Des écrans guident de la réception au cerveau jusqu’à celle des narines. Plus loin, le Jardin des Senteurs distille dans l’air, grâce à des cloches olfactives, dotées de capteurs de présence, imaginées par l’agence Projectiles, des parfums figuratifs. Le visiteur est invité à tester sa mémoire olfactive sur le Sofa des Confidences. Des bornes interactives encouragent à jouer aux devinettes, à reconnaître le basilic, le feu de bois ou encore la cannelle.

Le troisième niveau rend hommage à l’art du parfumeur. D’abord, l’œil est attiré par une forêt de vingt-cinq gouttes suspendues. Chacune recèle en son fond une sphère. Humez-la, devinez l’odeur de la matière première qui s’en échappe et ensuite portez la à votre oreille : comme par magie, une voix vous donnera la réponse. Un hommage aux vingt-cinq des plus belles matières de la parfumerie, imaginé par les designers anglais Harvey & John. Puis, sur des écrans, des maîtres de la parfumerie répondent aux idées reçues ou à des questions que se pose le public. Sans oublier l’orgue du parfumeur qui compose une fragrance comme une symphonie avec l’aide de deux-cent-cinquante essences. Mais ici, il est fantasmé façon film de science-fiction, le visiteur étant plongé dans le noir assiste à ce “pianotage sur l’orgue” via des rayons laser lumineux. Avant de clore ce parcours multi-sensoriel, passage au rez-de-chaussée par le Concept Store du Grand Musée du Parfum qui propose à la vente à la fois des parfums – des plus grands succès, comme One Million de Paco Rabanne, à la collection ultra-confidentielle Les Liquides Imaginaires de Philippe Di Méo –, des livres, un bar à fleurs et des objets innovants.

Dans une atmosphère presque aseptisée au décor design, le Grand Musée du Parfum permet de – presque – tout savoir sur la mélodie si prisée des fragrances.

Fermé lundi
De 10 h 30 à 19 h et 22 h le vendredi
14,50 €, 9,50 € jeune et 5 € enfant

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Par Fabrice Léonard. Photos : D.R / Irene de Rosen - Publié le

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