Musée

Rodin, le parrain

Après la magistrale exposition Mapplethorpe-Rodin en 2014, le musée a confié à Michel Frizot, historien de la photographie et commissaire
de “Entre sculpture et photographie”, la mission de mettre en lumière la diversité et la particularité des pratiques combinant ces deux arts.

Que représente pour vous Rodin ?

Rodin est le sculpteur qui annonce la modernité de la sculpture du XXe siècle. Les icônes connues du public comme le Penseur et le Baiser le positionne peut-être plus du côté des artistes du XIXe siècle, mais sa manière d’aborder la sculpture à partir de 1900, son travail sur l’assemblage et l’agrandissement, son œuvre graphique et son usage de la photographie font de lui un précurseur de la modernité.

Quel est le but de cette exposition ?

Elle s’inscrit dans une politique voulue par le musée, d’expositions ouvertes sur le XXe siècle. Celle-ci prolonge la réflexion menée depuis plusieurs années sur les relations entre sculptures et photo- graphies comme avec “Rodin et la Photographie” en 2007, “Rodin et les ambassadeurs” en 2011 et “Mapplethorpe-Rodin” en 2014.

Comment s’est réalisé votre choix d’artistes et pourquoi ?

Nous avons choisi huit artistes qui ont été des acteurs majeurs de ce moment d’exception où l’activité photographique était étroitement liée à une recherche d’innovation dans le domaine de la sculpture : Richard Long qui laissait des traces de son passage dans le paysage, Giuseppe Penone qui voulait montrer les correspondances entre le corps humain et l’arbre, Gordon Matta-Clark qui découpait à la scie mécanique des morceaux de cloisons ou de planchers dans des immeubles pour en faire des “sculptures” et photographiait ces actions. Nous avons pris soin de rassembler des orientations artistiques très variées, avec des conceptions très étonnantes, comme la sculpture d’ombre de Mac Adams, qui transforme des objets hétéroclites… en lapin, comme un magicien de la lumière (ce qu’est par définition tout sculpteur). Nous avons aussi retenu deux artistes plus âgés (Cy Twombly et John Chamberlain), qui ont toute leur vie pratiqué de front la sculpture et la photographie.

Que désirez-vous que le visiteur retienne de cette exposition ?

Nous aimerions que le visiteur venu a priori pour Rodin, découvre des formes de sculpture auxquelles il ne s’attend pas, ou qu’il n’aurait pas spontanément acceptées comme sculptures, alors que ces formes d’art sont issues des bouleversements que Rodin a produits en son temps. Le visiteur doit avoir le sentiment de visiter une exposition de sculptures insolites qui touchent aussi par leur présence ou le travail de conception et de fabrication (comme la « sculpture changeante » de Markus Raetz). Mais il aura aussi la sensation de visiter une exposition de photographies étonnantes et inhabituelles qui sont toutes conçues comme un travail artistique personnel, et non comme un document ou un reportage. Cette exposition permet aussi de découvrir des grandes tendances de l’art contemporain, au travers des œuvres de huit artistes importants de ces dernières décennies.

Fermé lundi.
De 10 h à 17 h 45.
Prix : 9 €.
Jusqu’au 17 juillet

P

“Entre sculpture et photographie” Musée Rodin

79 Rue de Varenne, 75007, Paris Tel : 01 44 18 61 10 www.musee-rodin.fr
Voir l’itinéraire
Par Anne Kerner. Photos : ADAGP, Paris 2016 - Publié le

Vous aimerez sûrement les articles suivants…

Rejoignez-nous sur Instagram Suivre @ParisCapitale