Urbanisme

Le Tribunal de Paris, un géant de 160 mètres de haut

Le tribunal de Paris, le plus grand centre judiciaire d’Europe, ouvre ses portes. Tout en désencombrant le palais de justice de l’île de la Cité, il donne vie au nouvel éco-quartier de Clichy-Batignolles.

C’est aussi une merveille architecturale signée Renzo Piano, le “père” de Beaubourg.
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Tribunal de Paris

29-45 avenue de la Porte de Clichy nouveaupalaisdejustice.fr
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Nul ne peut contester que sans Renzo Piano et son Centre Pompidou, la face de Paris en eut été changée. Son cœur n’aurait pas palpité avec autant d’énergie, tant Beaubourg aimante les foules de Parisiens et de touristes. Le tribunal de Paris, dernière réalisation parisienne du maestro de l’architecture, s’apprête lui aussi à marquer durablement l’époque et le nouvel éco-quartier de Clichy-Batignolles, dont il est la vigie de verre et de métal. Cette merveille de légèreté et de fonctionnalisme va permettre de désengorger le palais de l’île de la Cité, siège de la justice parisienne depuis le Moyen Âge, en accueillant le tribunal de grande instance (TGI) et tous ses services associés, ainsi que le tribunal de police et les tribunaux d’instance d’arrondissement réunis en une même entité.

nouveau palais de justice paris

paris tribunal porte clichy

 

Il laisse ainsi à la disposition des magistrats de la cour d’assises, de la cour d’appel de Paris et de la Cour de cassation, les quelque 86 000 m2 de salles et de bureaux, de couloirs et de galeries, du vieux palais historique. À compter du 16 avril, une ruche bourdonnante de huit mille abeilles industrieuses va donc s’installer à la lisière de Paris et de Clichy.

Les magistrats, avocats, greffiers, policiers, prévenus, victimes, témoins, journalistes, mais aussi les visiteurs, qui auront accès au grand atrium et à sa cafétéria, vont s’égailler chaque jour sur les 104 000 m2 de planchers, dans les 90 salles d’audience, les 30 000 m2 de bureaux… Car ici on est dans le colossal, l’infiniment grand, même si, de cette œuvre de trente-huit étages répartis en quatre modules émane une impression générale de grâce et de fluidité.

Un géant de verre de 160 mètres de haut

Tout repose sur sa base, le Socle, la matrice des lieux ; une salle des pas perdus de 5 500 m2, d’où tout part et où tout se rejoint. Ce Socle est conçu autour d’un grand atrium de 28 mètres de haut, noyé sous la lumière des huit étages, filtrée par les lucarnes plongeantes et la façade vitrée qui ouvre sur le parvis. La luminosité devient un élément moteur de l’architecture intérieure en se fondant dans le bois chaleureux, en glissant sur les escalators blancs, en jouant de ses éclats sur les colonnes d’acier.

 

Le soir, ce sont les constellations de suspensions choisies par Renzo Piano qui reprennent le flambeau. Au-dessus du Socle, trois modules constituent la tour à proprement parler. Ces trois blocs généreusement vitrés, ponctués à leur sommet d’une terrasse arborée (300 arbres ont été plantés aux 8e, 19e et 29e étages) et de panneaux solaires, semblent léviter les uns au-dessus des autres, découpant le profil d’un escalier géant grimpant vers le ciel, comme pour symboliser la quête de vérité judiciaire.

Une épine de panneaux photovoltaïques traverse également les façades est et ouest, de bas en haut, comme une colonne vertébrale qui structure et relie le tout. L’ensemble répond évidemment aux impératifs écologiques les plus stricts de ce nouveau quartier en pointe, qui accueillera à terme près de treize mille employés chaque jour. Enfin, et ce n’est pas le moindre des attraits du tribunal de Paris – deuxième édifice habité le plus haut de Paris après la tour Montparnasse –, son ascenseur extérieur panoramique permet d’embrasser la capitale et ses alentours. De tout là-haut, un tableau splendide s’offre aux regards, balayant Paris et Clichy, jusqu’au mont Valérien. Comme un phare immense, le tribunal de Paris est une pièce maîtresse du futur Grand Paris, et a déjà obtenu une pluie de récompenses – dont l’Équerre d’argent – pour son architecture. Du haut de cette demi-pyramide, c’est tout l’avenir de la justice qui nous contemple.

Par Florence Halimi. - Publié le

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