Interview

Panerai Paris gagnant

Fournisseur historique de la marine militaire, Panerai s’impose aujourd’hui plus que jamais sur la terre ferme : alors que la marque du groupe Richemont vient d’inaugurer sa seconde boutique parisienne, elle annonce d’ici à janvier 2015, quatre autres ouvertures internationales. Paris Capitale a rencontré son CEO, Angelo Bonati.

Une identité italienne, un savoir-faire suisse, un design reconnaissable entre mille : telle est la combinaison gagnante de Panerai qui, sous l’impulsion d’Angelo Bonati, son CEO depuis 1997, met un point d’honneur à innover en sauvegardant son patrimoine. Patrimoine marin tout d’abord, en étant notamment le sponsor de la Panerai Transat Classique (dont la prochaine édition partira de Lanzarote au début 2015) ; patrimoine florentin ensuite, en participant à la restauration de l’horloge du Duomo de Florence ; patrimoine horloger surtout, en produisant ses propres mouvements depuis 2002 dans sa manufacture suisse.

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Panerai

5, rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris Tel : 01 44 51 50 50 www.panerai.com
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Vous venez d’ouvrir en août, la seconde boutique Panerai à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré: quelle relation Panerai entretient-il avec la capitale française ?
Cette seconde boutique est née d’une volonté de toucher une clientèle différente de celle de la rue de la Paix. Cette adresse est pour nous une façon de contacter au mieux les Parisiens et la clientèle haut de gamme qui affectionnent les boutiques du Faubourg. Être présent dans le cœur de Paris et de sa culture, comme ici au Faubourg, est très important pour Panerai.

Vous parlez de vos différentes clientèles, qu’elles sont-elles ?
Rue de la Paix à Paris, il y a une très forte clientèle touristique mais qui est moins sensible aux tendances, aux nouveautés… En revanche, celle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré est plus attachée au côté fashion des produits.

Cette ouverture parisienne est la première d’une série d’ouvertures prévues jusqu’en janvier 2015. (Florence et Hong Kong en novembre, New York en décembre et Miami en janvier). Ces cinq ouvertures répondent-elles à une demande croissante d’une clientèle de plus en plus cosmopolite ?
Oui, même si la clientèle Panerai a toujours été internationale. Nous avons déjà plus de soixante boutiques dans le monde et celles que nous allons ouvrir sont soit des extensions et des rénovations, comme à Florence, soit des adresses totalement nouvelles. Tous ces projets ont été pensés avec Patricia Urquiola. Avec ces ouvertures nous allons toucher plus de clients, que nous ne touchions pas avant.

C’est-à-dire ? Qui cherchez-vous à toucher ?
Les personnes qui ont bon goût, sensibles au savoir-faire ; qui connaissent la valeur du design du produit et en ont une certaine sensibilité.

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Vous évoquez Patricia Urquiola, célèbre designer à qui Panerai a fait appel pour imaginer les nouvelles boutiques de la marque. Comment s’entendent une maison horlogère italienne à l’esthétique sobre et à l’histoire militaire et une designer espagnole aimant les couleurs et les formes hors normes ?
L’Italie est notre point commun. Patricia a étudié à Milan, elle y vit ; elle a une culture typiquement italienne. C’est une bonne combinaison qui nous permet d’exprimer les valeurs Panerai sans problème de cohérence.

Justement, en quoi les boutiques de la marque expriment-elles les valeurs Panerai ?
Les boutiques ont toujours exprimé les codes de la marque, seulement nous avons pensé qu’il était important de faire évoluer leur concept qui était le même depuis cinq-six ans. Les matériaux utilisés aujourd’hui sont les mêmes qu’avant, mais Patricia Urquiola a réussi à les harmoniser de manière différente en leur donnant une esthétique et une allure italiennes, une “italianité”.

Comment cette “italianité” s’exprime-t-elle aujourd’hui dans les créations de la maison ?
En respectant le passé, nous sommes toujours cohérent avec le style florentin de la marque. Panerai est une technologie suisse, avec un design italien. Le design est fondamental, les modèles ont été créés en 1940 et sont encore dans l’air du temps : voilà la force de Panerai.

Avez-vous développé un modèle ou une collection particulière pour l’ouverture de ces boutiques ?
Nous avons créé une édition spéciale qui sera présentée dans le courant du mois de novembre. Nous célébrons chaque nouvelle ouverture par un événement particulier. Par exemple, pour la réouverture de la boutique historique de Florence, la boîte de la montre éditée pour l’occasion est gravée du dessin du Duomo en face duquel est située la boutique.

Votre catalogue est étonnant : vous proposez deux grands classiques, la Radiomir et la Luminor, que vous déclinez tous les ans en éditions limitées. Comment défendez-vous ce choix ?
Comparons avec d’autres maisons : Rolex a l’Oyster, Audemars Piguet, la Royal Oak, Jaeger LeCoultre, la Reverso… Panerai a la Luminor, et la Radiomir. C’est comme ça que nous sommes identifiés. En changeant de classiques, nous ne serions plus reconnaissables, c’est un risque énorme. C’est un choix qui semble audacieux mais il est surtout rassurant pour la clientèle. D’un coup d’œil, le modèle est reconnaissable, sans avoir besoin d’explication : c’est ce qu’attendent nos clients.

Comment continuez-vous à innover alors ?
C’est difficile ! Il faut travailler sur la créativité. Panerai est créatif sur les détails : si vous regardez le catalogue de la marque, vous pouvez croire au premier coup d’œil que toutes les montres se ressemblent, mais si vous vous attardez sur les détails, vous verrez qu’aucune n’est égale à l’autre. Cela nous permet d’être toujours identifiable mais en proposant à nos clients des produits toujours différents.

Justement, vous évoquez les détails de vos montres : ciblez-vous uniquement des initiés, des amateurs d’horlogerie sensibles à ces détails ?
Nous sommes une marque transversale : nous touchons différents types de clientèle, plus ou moins jeune, plus ou moins sportive, qui aiment le mouvement ou l’esthétique. C’est un choix. Nous ne voulons pas faire de nouvelles boîtes. Si on changeait, je suis sûr que l’on risquerait de perdre notre identité.

Vous venez de lancer une collection de bracelets de couleurs, est-ce une volonté de cibler un public féminin ?
Ils ont été pensés pour combler l’ennui des femmes qui accompagnent un homme choisir une montre Panerai. Je plaisante ! Nous les présentons en période estivale, pour amuser notre clientèle.

Panerai participe à la restauration de l’horloge du Duomo de Florence, en quoi était-ce important pour vous d’y contribuer ?
Participer à ce projet était naturel pour nous, notamment car la boutique fait face au Duomo. Il s’agit de l’une des plus belles horloges du monde, qui fait partie de l’histoire de Florence. L’horloge fonctionne sur l’heure italique, ce qui est très rare, et son cadran a été peint par l’un des plus grands peintres de la Renaissance. Entrer dans l’univers Panerai c’est aussi entrer dans l’histoire de Florence. Partager l’amour de l’art, le protéger est une chose naturelle pour les Italiens. Prendre en charge cette restauration est un honneur pour Panerai.

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Panerai au fil du temps

Panerai au fil du temps

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  • Le Groupe Richemont rachète Officine Panerai
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  • P2002 Le premier mouvement Officine Panerai est lancé
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Par Solenn Cosotti - Publié le
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