Horlogerie

Wempe à Paris Une histoire toujours aussi intense

Si le couple franco-allemand, en politique européenne, connaît parfois des turbulences, l'histoire d'amour entre Wempe et Paris, elle, a toujours été au beau fixe. Installée depuis 1985 rue Royale, la boutique du joaillier-horloger fête ces trente ans de passion commune et réciproque avec panache, créativité et émotion. Rencontre avec celui grâce auquel l'union sacrée au service de l'excellence fut possible, Hellmut Wempe lui-même.

Trente ans que Wempe est installé à Paris : comment vivez-vous cet anniversaire ?
Avec une grande fierté évidemment. Dans les années 1980, après l’ouverture d’une boutique sur la 5e Avenue de New York, j’avais envie de poursuivre notre développement en nous installant dans une autre ville emblématique. Était-il possible d’aller ailleurs qu’à Paris, la “première” capitale en Europe ? Une ville pour laquelle j’avais eu un coup de foudre à l’âge de 16 ans lorsque je l’avais découverte… après avoir attendu longtemps, d’ailleurs, le visa nécessaire à l’époque. L’atmosphère spéciale de Paris m’avait capturé, me fascinait ; impossible donc de penser ouvrir Wempe ailleurs qu’ici. Encore fallait-il dénicher l’emplacement idéal. Ce qui arriva. Aussi, trois décennies plus tard, constater que nous avons pu nous y établir et y développer nos affaires si bien ne peut que me rendre heureux.

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Wempe

16 rue Royale 75008 Paris Tel : 01 42 60 21 77 www.wempe.com
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Cet emplacement idéal, à l’angle du 16 rue Royale avec de belles vitrines sur la rue Saint-Honoré, comment l’avez-vous trouvé ?
Comme je traversais fréquemment les grandes rues de Paris, j’ai vite compris que la rue Royale, entre les Grands Boulevards et les Champs-Élysées, constituait un emplacement merveilleux. Il y avait, juste à l’angle avec la rue Saint-Honoré, une petite boutique de joaillerie appelée Cérésole. Qui, évidemment, m’a d’emblée attiré. Je suis entré et j’ai cherché à nouer le contact avec les propriétaires, un couple âgé. Il se trouvait que leurs enfants ne voulaient pas reprendre le commerce. Aussi nous nous sommes mis d’accord. À condition, toutefois, de laisser la gérance du magasin aux mains des deux vendeuses principales, “mes deux filles” comme les qualifiait M. Cérésole. Ce qui fut fait dans une entente parfaite.

Comment furent les les premières années ?
Dès le commencement les affaires marchèrent bien. Nous sommes restés en contact avec les Cérésole ; nous avons associé notre nom au leur pendant deux ans ; grâce à eux comme à leurs “deux filles” la clientèle habituelle est restée fidèle. Très vite, même auprès de certains confrères, nous avons été acceptés comme un joaillier de tradition.

En trente ans, la clientèle a-t-elle beaucoup changé ?
Initialement, je voulais que la boutique Wempe devienne une adresse pour la clientèle française, mais puisse aussi attirer les touristes étrangers. Au fil des années, si d’autres quartiers de la capitale ont beaucoup changé, ici la clientèle est restée assez semblable.

Qu’est-ce qui a fait, en 1985, la spécificité Wempe à Paris ?
Une offre élargie par rapport à ce qui était sur le marché. Nous avons enrichi la collection de montres proposées en intégrant de nouvelles marques suisses de tradition, en devenant le seul représentant Patek Philippe indépendant – une grande fierté –, en ajoutant des horloges, des pendules et des cartels. En joaillerie, nous avons lancé des chaînes et bracelets en or style gourmette, venant de la “ville d’or” Pforzheim en Allemagne… Autant d’atouts toujours d’actualité !

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Il y a dix ans, Sirka Döther a pris les rênes des lieux et, peu après, le magasin s’est agrandi. Aviez-vous besoin de plus d’espace ?
Le service, l’accueil sont essentiels chez Wempe. En 2005, nous avons donc offert à Madame Döther, qui avait déjà un poste de directrice en Allemagne, la possibilité de prendre le relais dans la gérance de la boutique et d’y insuffler mieux encore ces notions. Comme nous avions pu acheter le rez-de-chaussée et le premier étage de l’immeuble avoisinant, nous agrandir fut possible. Grâce à ces mètres carrés supplémentaires, la spécificité Wempe s’est exprimée à plein : dans l’accueil des clients, le service après-vente, les réparations horlogères sur place etc. Voyez-vous, l’achat d’une montre mécanique haut de gamme, l’acquisition d’une pièce joaillière précieuse constituent un moment rare, très émouvant ; nous tâchons donc d’offrir aux clients, dans une atmosphère chaleureuse et accueillante, un instant d’exception. Être confortablement assis, en buvant un café ou une coupe de champagne, tandis qu’on porte au poignet la montre de ses rêves ou qu’on essaie une bague coup de cœur démultiplie le plaisir et la force du moment. Ceci dit, si nous pouvions encore gagner de l’espace pour améliorer le confort des visiteurs et élargir notre offre, nous en serions ravis.

Depuis quelques années, l’offre de montres s’est considérablement élargie à Paris. Avec l’apparition de magasins multimarques spécialisés imposants. Qu’en pensez-vous ?
Beaucoup de marques ont ouvert en collaboration avec les grands magasins afin d’atteindre la clientèle étrangère, actuellement surtout les Chinois. Mais il faut retenir aussi que quelques maisons très haut de gamme n’y sont pas représentées. La clientèle locale nous reste fidèle.

L’histoire d’amour entre Paris et Wempe est-elle toujours aussi intense ?
Évidemment. Ma propre passion pour votre ville et la France ne s’est, par exemple, jamais démentie. Je vais vous livrer une confidence : notre résidence secondaire familiale se trouve dans le Périgord, eh bien nous passons souvent par Paris avant d’y descendre

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Par Thierry Billard - Publié le

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