Joaillerie

David Morris Carats, glamour et esprit british

Joaillier fétiche des stars et de l'aristocratie anglaises, David Morris n’avait encore jamais traversé le Channel pour présenter ses créations à Paris. Une boutique épurée, où ses bijoux fastueux explosent de carats, répare cette absence jusqu’alors regrettée. Découverte.

Voici une incongruité, une anomalie, un manque enfin réparés. Alors que Palm Beach, Moscou, Dubai, Hong Kong, Abu Dhabi, Doha et bien évidemment le 180 New Bond Street de Londres s’enorgueillissaient de posséder des boutiques où les créations de David Morris étaient savamment mises en beauté… Paris ne pouvait succomber à l’esprit anglais, au style glamour de cette signature de la joaillerie mondiale ! Un oubli, une absence, un crime de lèse-queen, une entorse à l’Entente cordiale, auxquels la maison chouchou d’Elisabeth Taylor et Richard Burton vient de remédier en ouvrant dans la capitale une ambassade de son univers si fleuri et so british. David Morris Jewels – créé en 1962 par un ancien élève de la Central Saint Martins School de Londres, dont les joyaux attirèrent les plus grandes stars et furent portés par toutes les James Bond girls de 1971 à 1999 – s’est décidé à franchir le Channel. À deux pas de la place Vendôme, au 364 rue Saint-Honoré, Jeremy Morris, le fils du fondateur, a choisi d’ancrer un espace aussi épuré que moderne, association d’émotion et de luxe actuel, écrin dont la sobriété renforce la magnificence des parures maison. Car l’exubérance, le travail incroyable des ornementations, le registre fleuri, l’impact des pierres typiques du style David Morris, il ne fallait pas les étouffer par un décor ostentatoire ou surchargé, mais les inscrire dans un espace digne et chic, contemporain et de bon aloi.

David Morris

364 Rue Saint Honoré, 75001, Paris Tel : 01 40 41 18 41 www.davidmorris.com
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Cette quadrature du cercle, le décorateur Eugène Brunelle, chargé des lieux, l’a comprise, élaborée, réussie. Multi-primé et exposé pour ses meubles et œuvres (chez Néotu, au Via, au musée des Arts Décoratifs comme au Centre Pompidou), l’artiste-designer-architecte a su élargir l’espace, assez modeste dans sa superficie. En installant des fauteuils flottants, des panneaux de verre et d’albâtre, du cristal, des matériaux nobles, en jouant avec les couleurs et une volonté de réfraction des lumières qui donnent profondeur, hauteur, cette boutique semble démultipliée, immense. Ouvrir, agrandir : la façade avec ses baies vitrées sur deux étages en remporte le pari. À l’intérieur, le mariage de lignes verticales et arrondies, le recours à des tissus utilisant des fibres métalliques teintées en chocolat ou cuivre, la présence de miroirs ovales étirés, les jeux de tons, de facettes, les tapis du sol comme le mobilier tout en confort et douceur composent une atmosphère élaborée, recherchée, apaisée aussi. Où les bijoux éclatent, font exploser carats et scintillements, comme autant de pièces maîtresses que la douceur globale des lieux met en évidence. Où la signature de David Morris prend encore plus de relief et affirme son identité. Inspiré par la nature et la beauté des fleurs, le style du joaillier est typique. Une signature que l’on découvre (ou retrouve, pour les connaisseurs) dans les entourages marquise de ses bagues cocktail, dans la qualité de ses pierres unanimement reconnue, dans son art de faire jongler les tons, dans son amour (insistons) de ce qui touche au jardin… anglais. Botanique à jamais, la maison propose ainsi deux lignes florales : Miss Daisy, avec pétales de diamants dignes de nos jeux d’enfance quand nous égrainions « Je t’aime, un peu, beaucoup » ; et Petite Palm, évocation des parterres fleuris dont jaillissent mille nuances et teintes. Des pétales d’aigues-marines, des tourmalines vertes et roses en fleur, des améthystes en corolle, autant de bouquets précieux à porter en sautoirs ou bagues. Lors des derniers défilés de haute couture, le joaillier britannique a exposé des pièces de haute joaillerie impressionnantes, dont une corolle en perles de conques avec diamants roses et diamants poire, un collier magnifiant un rubis de Ceylan de 16,59 carats aux reflets orange, rose et rouge, un diamant jaune de 20,30 carats monté en bague aux côtés ornés de deux diamants… et un bracelet de saphirs bleus du Cachemire avec diamants blancs. La majesté anglaise dans toute la noblesse du nom, en joaillerie, David Morris la fait sienne. À Paris, comme ailleurs…

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Par Thierry Billard. Photos : Yannick Le Merlus - Publié le

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