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L’énigmatique succès des Escape Games

« Vous avez une heure pour mener à bien votre mission… » Résoudre une énigme en 60 minutes, c’est le défi que doivent relever les participants des escape games qui se sont développés à Paris ces dernières années, avec une rapidité saisissante. Bien que déjà adopté et très apprécié par un public nombreux, ce nouveau loisir n’a pas fini de séduire car il s’adresse quasiment à tous.

Escape game, cela signifie en français jeu d’évasion. Son principe est d’enfermer dans un espace un groupe, généralement constitué de trois à six personnes, et de lui soumettre une énigme à résoudre. Pour cela, le groupe doit trouver un certain nombre d’indices lui permettant de sortir gagnant de cette aventure en huis clos. Les appareils connectés étant proscrits, le cerveau est le seul “outil” autorisé, ainsi que les mains tout de même car il est nécessaire de fouiller la pièce et de procéder à quelques manipulations.

Le travail en équipe est primordial si l’on veut réussir… et bien s’amuser. Le public des escape games ? Des amis, des familles ou des salariés d’une entreprise dans le cadre d’une sortie de type team building. Tout le monde peut participer, à moins bien sûr d’être claustrophobe, le principe, ne l’oublions pas, est de rester enfermé dans un espace clos. Le plus difficile sera de choisir le thème ou le scénario tant l’offre est prolixe. Un univers effrayant, par exemple, peut ne pas plaire ou ne pas convenir à tout le monde.

Le plus souvent, les thèmes s’inspirent de diverses mythologies ou d’histoires abordées par la littérature ou le cinéma. On est accueilli dans un salon a priori banal, un manoir hanté, un laboratoire, un bunker, un sous-marin… La mission sera de démasquer le coupable d’un meurtre, de désamorcer une bombe ou de savoir de quelle manière voler un objet précieux… Attention : si certains jeux sont simples, d’autres sont compliqués. On est loin d’être assuré de gagner à tous les coups dans le temps imparti !

En 2018, pas moins de 44 enseignes ont investi Paris intra muros et proposent 130 scénarios. Sans compter celles qui sont installées de l’autre côté du périphérique. Un engouement qui touche toute la France d’ailleurs. Quand cette folie a-t-elle commencé ? Rémi Prieur, fondateur du site www.escapegame.paris qui recense toutes les salles proposées dans chaque arrondissement de la capitale, connaît bien son sujet (à tel point qu’il a créé sa propre enseigne, Majestic Escape Game) : « L’escape game est originaire du Japon. Il est étonnant que ce pays très porté sur tout ce qui est numérique ait inventé un jeu basé sur des interactions on ne peut plus réelles. Les premières salles ont ouvert là-bas voilà une dizaine d’années. » Le phénomène a ensuite touché Budapest, en 2010, « ville qui est considérée comme la capitale européenne de l’escape game. On la qualifie aussi parfois de supermarché, car on peut y acheter des jeux pour sa salle. » Et c’est en 2013, que le premier escape game est apparu à Paris, à savoir HintHunt. D’une à quarante-quatre enseignes en cinq ans, voilà une croissance des plus remarquables !

Aux salles dédiées entièrement à ce type de loisir s’ajoute l’utilisation de lieux pour des sessions de jeu limitées à certaines dates. À Paris, des marques telles que Google ou La Française des Jeux ont proposé d’authentiques escape games éphémères ; ce qui n’est pas toujours le cas. Rémi Prieur tient à faire un distinguo entre des offres qui relèvent du pur espace game et d’autres qui s’apparentent plus à une chasse au trésor. « L’escape game est basé sur le fait qu’un groupe restreint est enfermé dans une pièce », rappelle-t-il. S’il s’agit d’aller d’un espace à l’autre en grand nombre, « c’est autre chose, qui peut d’ailleurs être de qualité ». Un peu comme cela se pratique depuis le 5 octobre au musée du Louvre où Anima-Agent Ludique a conçu Projet Exodus, un jeu d’évasion grandeur nature au sein des salles et des allées. Ou encore ce qu’a proposé en juin l’Opéra Garnier avec Inside Opéra qui s’inscrit entre escape game et parcours immersif sur les traces du Fantôme de l’Opéra. Devant le succès, l’opération a été reconduite jusqu’en novembre… pour l’instant.

Aller s’enfermer volontairement dans une salle afin de pouvoir s’en évader est donc devenu un jeu très en vogue. On laisse les philosophes, psychologues ou sociologues chercher une interprétation à ce phénomène. En voilà une belle énigme à résoudre !

15 Escape Games à Paris

15 Escape Games à Paris

  • 28 bis, boulevard Pereire, 17e ; 14, rue Nollet, 17e
  • 5, rue de Hanovre, 2e
  • 127, rue Jeanne d'Arc, 13e
  • 58 et 62, rue Beaubourg, 3e ; 68, rue des Archives, 3e
  • 2, rue Française, 1er
  • 50, rue du Volga, 20e
  • 25, rue Coquillère, 1er ; 131, boulevard de Sébastopol, 2e
  • 51, rue du Cardinal-Lemoine, 5e
  • 21, rue du Sentier, 2e
  • 18, rue de Paradis, 10e
  • 37, rue des Gravilliers, 3e ; 21, rue de la victoire, 9e
  • 5 bis, rue Émile Allez, 17e
  • 24, rue Émile Lepeu, 11e ; 23, rue Servan, 11e
  • Place de l’Opéra, 9e
  • Musée du Louvre, 1er
Par Michel Doussot. Photos : Escape Hunt / Majectic Escape Game / LeavinRoom - Publié le

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