Evénement

Pearl Jam « Gigaton » : le phénix renait de ses cendres !

En trente ans, le quintet issus de la scène rock alternative de Seattle à la fin des 80’s atout connu : la gloire, la une des magazines spécialisés, le drame du Festival Roksilde et ses 9 morts piétinés par la foule jusqu’à leur entrée au Rock and Hall Of Fame en 2017. Après deux albums en demi teintes aujourd’hui, la page semble bel et bien tournée.  Avec « Gigaton » Eddie Wedder est bien décidé à remettre son groupe sur les rails du succès.

Voilà trente ans que les américains dégainent riffs mordants et puissantes structures rythmiques avec la même et indéfectible passion. Après sept ans d’absence le quintet rock alternatif  revient la tête haute. Après deux albums en mi-teinte « Backspacer » (2009) et « Lightning Bolt » (2013) qui auront tout de même servi à entretenir la flamme, le gang de Seattle semble avoir retrouvé sa vitesse de croisière. A cela plusieurs raisons. Les musiciens ont pris leur temps pour enregistrer de nouvelles chansons au cours de ces sept dernières années. Baptisé  « Gigaton  » l’album fait référence à la présidence Trump et au réchauffement climatique. A l’image de la pochette signée Paul Nicklen qui montre un  glacier  en train de fondre, les chansons sont ici une véritable ode à la révolte contre un système économique devenu hors de contrôle. On retrouve ici l’alchimie qui faisait la force du groupe à la période de Vitalogy ou Yield. A grand renfort d’images apocalyptiques, Eddy Wedder crache ici toute sa frustration face à la déliquescence de la planète. Sa plume acérée s’en prend au système néo libéral amorcé dans les 80’s par Reagan et Tatcher dont le règne Trump semble être le crépuscule. Dès l’ouverture de ce «  Who Ever said » survitaminé, les guitares sont lourdes, pleines d’attaques, la mélodie est torturée pleine d’angoisse. Sur « Superblood Wolfmoon » la voix de Wedder nous remue les tripes, la guitare de Mike McCready se fait plus mordante, broie les structures harmoniques telle une scie sauteuse à travers un glissando de notes époustouflantes. « Dance of the Clairvoyants » est un bouillonnement parfait d’expérimentation nouvelles pour Pearl Jam et sonne comme un combiné de post punk et de shoegaze avec cette  guitare borderline de Stone Gossard et cette puissante ligne de basse obsédante  charpentée par la rythmique disco robotique de Matt Cameron. « Alright » est une ballade émouvante aux sonorités planantes qui nous replonge 30 ans en arrière à l’époque du magistral « Black » paru sur le premier album, « Ten ». Sur « Quick Escape » la basse ronde enveloppe la toile sonore tandis que les rythmiques hypnotiques, répétitives et échafaudent un mur de son impressionnant qui rappellent un Soundgarden en savamment plus amplifié. On apprécie la descente vocale alambiquée et torturée du refrain boostée là encore par un magistral solo de guitare. De bout en bout, la magie opère grâce au charisme de Eddy Wedder qui possède une voix en acier trempé. Ces nouvelles compositions entrent dans une nouvelle dimension et donne ce mélange de puissante folie destructive, de violence et de tragédie entrecoupée de moments d’accalmie qui colle forcement au tourbillon dans lequel notre monde viententré de plein fouet. Un album béni pour ceux qui aiment les déflagrations soniques les riffs lourd des 70’s aliés à la colère du post-punk 80’s.  Avec ces 11 nouveaux titres flamboyants livrées comme des hymnes héroïques, Pearl Jam devrait à coup sûr mettre le feu aux poudres sur la grande scène du prochain Lollapalooza Paris,  à l’été 2021.

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Par Jean-Christophe Mary - Publié le

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