Evénement

La Biennale Paris en marche vers le XXIe siècle

Innovation, internationalisation et section “nouveaux talents”, une première avec une sélection de douze jeunes marchands… La Biennale Paris, avec à sa tête Mathias Ary Jan, rénove le temple de l’antiquité. Elle aura lieu du 13 au 17 septembre au Grand Palais.

Depuis trois ans, la nouvelle équipe de la Biennale Paris se bat pour faire survivre l’art de vivre à la française. Survivre est bien le mot adéquat pour Alexis Bordes, son trésorier, qui compare la situation de la Biennale Paris à celle de la Fiac en 2002, quasiment morte comme l’annonçait, pessimiste, le magazine Beaux Arts cette année-là. Si en quinze ans, Jennifer Flay a de main de maître repris la Fiac pour la placer parmi les trois premières foires du monde, Mathias Ary Jan, entouré de jeunes marchands entrés dans le temple de l’antiquité, est en train lui aussi de réussir un nouveau tour de force. En effet, si en vingt ans, l’art contemporain mais aussi, bien évidemment, la photographie avec Paris Photo se sont développés de manière exponentielle, le domaine des antiquaires a aussi fortement évolué. Mais pas dans le même sens. Secouée entre autres par des affaires comme celle de l’immense galerie Kraemer surnommée l’Ikea des milliardaires et cernée par les affaires de faux, la manifestation, qui périclitait et restait sur des acquis d’une autre époque, était en zone de turbulences. Carrément dans un trou d’air.

Les nouvelles générations d’antiquaires venus des Puces ont réalisé un travail acharné pour s’installer dans les 6e et 7e arrondissements qui se font de plus en plus dévorer par les marques de luxe. La Biennale ne sera plus jamais ce qu’elle a été, néanmoins « il ne faut absolument pas qu’elle disparaisse, explique Alexis Bordes, ce serait un drame pour l’élégance du goût français ! » Pour entrer dans le XXIe siècle, c’en est fini du faste grandiloquent et du super luxe, place à l’excellence efficace. Réaliser ainsi « une belle foire éclectique dans le lieu symbolique du Grand Palais pour célébrer l’art de vivre que s’arrache toujours la clientèle internationale », tel est le désir d’une équipe s’adaptant à l’évolution du marché, des tendances et des goûts. Cette saison, 70 exposants nationaux et internationaux y seront présents, quant au Barheïn, le pays invité, il investira tout un pavillon. Nouveauté aussi avec l’art contemporain qui entre pour la première fois à la Biennale. Les galeries Valérie Bach de Bruxelles avec le Vénézuélien Carlos Cruz-Diez – artiste mis à l’honneur cette année par la Biennale –, Marie-Hélène de la Forest Divonne avec Guy de Malherbe, Claude Bernard avec Sam Szafran, croisent désormais les bronzes, le dessin et la peinture ancienne avec entre autres Kunstberatung de Zürich, Rosenberg & Co de New York, Stoppenbach & Delestre de Londres ou l’art océanien de la galerie Meyer en passant par les bijoux de Henn Gems de Londres ou de la Maison Auclert à Paris.

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La Biennale Paris

Avenue Winston Churchill, 75008, Paris www.labiennaleparis.com
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Le décor de cette nouvelle édition change également. Après l’étendard coloré de Jean-Charles de Castelbajac l’an passé, la simplicité s’installe avec les propositions du Hollandais Stabilo, « qui doit réaliser un cadre ne contraignant pas les exposants mais s’adaptant à leur demande ». Une ombre au tableau est toutefois apparue en juillet. La démission du double comité d’expertise qui a refusé l’entrée de deux nouvelles galeries alors que la liste était presque définitive… Une blessure à soigner vite pour le syndicat national des antiquaires qui avait mis en place, pour assurer la qualité et la provenance des objets, ces comités dont il était si fier.

C’est un fait, la Biennale Paris, qui attend avec impatience de changer son nom, Paris Design Week et Maison & Objets depuis l’an passé, font de septembre le rendez-vous incontournable de l’élégance française.

La Biennale Paris.
13 au 17 septembre
De 11 h à 22 h. 35 €

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Par Anne Kerner. Photos : Nicolas Lobet - Pryzm Photography / Thomas Henncoque - Publié le

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