Evénement

Harry Styles « Fine Line » : l’album de la rupture 

Après avoir fait ses débuts solo en 2017, l’ex One Direction enfonce le clou avec « Fine Line » un album plus mature qui porte les cicatrices de sa rupture avec la mannequin et actrice Camille Row.

A l’image de la pochette déformée à la méthode fisheye, sur laquelle il pose habillé en chemise rose et pantalon blanc face à une main gantée tendue vers le ciel, ce nouvel opus égraine 12 titres pop soul et électro urbaine faussement joyeux mais plus percutants les uns que les autres. Ici on retrouve les ambiances et les arrangements efficaces qui faisaient la joie des teenagers au début des années 2010 avec ce zeste de spleen et de mélancolie en sus. Une britpop organique qui prend solidement appui sur des phrasés répétitifs avec une recette toute simple  : des sons clairs et épurés sur les couplets, qui mettent en valeur tout le lyrisme des voix, pour finir par un empilage successif de rythmiques groovy, de synthétiseurs passés à la moulinette électro portés par une voix enflammée sur les refrains. Les quatre premiers titres qui ouvrent l’album sont de véritables attrapes cœurs. Que ce soit « Golden » appuyé d’une guitare slide discrète, « Watermelon Sugar » et ses intonations à la Ed Sheeran, l’entêtant « Adore You » au gimmick qui rappelle Tears For Fears ou l’ensorcelant « Lights Up », Harry Styles prouve qu’il est un chanteur de premier ordre, capable d’exprimer la mélancolie ou la joie avec la même facilité charmante, la même puissance désarmante. On note quelques surprises telles « Sunflower, Vol. 6 » jolie balade entre reggae et électro-pop avec ses chœurs baroques, on pense à Queen ou Mika. « Canyon Moon » ravira lui les nostalgiques de la pop folk  70’s, les amoureux de Crosby Stills and Nash et autres Simon and Garfunkel. Ici la guitare folk les harmonies vocales semblent planer en apesanteur au dessus de la toile sonore, la basse ondule lentement rempli l’espace tandis que la voix douce trainante étire les mots comme des élastiques. On adhère à la magie de « Falling », ballade poignante qui fait fait mouche en plein coeur, « She » et ce « Fine Line » qui s’achève sur un feu d’artifice de cordes et de cuivre haut en couleur. Les influences se fondent harmonieusement, mixant grooves rythm & blues, gospel-blues, le tout rehaussé de choeurs flamboyants. Confinés à la maison, ce cocktail hybride devrait ravir les fans de Ed Sheeran, Shawn Mendes et autre James Arthur.

Par Jean Christophe Mary - Publié le

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