Evénement

« Random desire » par Greg Dulli

« Random desire » : cette étrange et cruelle alchimie du désir par Greg Dulli 

Vous aviez aimé les Afghan Whigs, combo américain qui fusionne rhythm and blues et punk rock ? Vous allez être ravi de retrouver leur leader autour de « Random desire », nouveau projet musical plein de ferveur vénéneuse et romantique !

A la fin des 80’s, Greg Dulli s’est taillé une réputation internationale les Afghan Whigs, combo punk grunge originaire de Cincinnati. En 40 ans de carrière, ce leader né aura écrit et composé pour le groupe huit albums tout en conduisant parallèlement plusieurs projets les Twilight Singers et les Gutter Twins pour finalement se lancer aujourd’hui dans une carrière solo.

Dès les premières mesures de « Pantomima » le ton est donné. La basse rugueuse, raide et tendue, démarre doucement suivie de la voix chuchotée avec ces guitares qui cisaillent, cette batterie qui s’emballe et martèle derrière. La voix basse et chuchotée s’élève rauque et inquiétante monte en puissance sur fond de hurlements haletants. Les neuf titres suivants mettent le feu aux poudres. Sur « Random Desire », album tonique et habité, plane en filigrane l’ombre des Screaming Trees, de Nick Cave, Mark Lanegan ou Grant Lee Buffalo. Soit un combiné de rock indie et de mélodies pop boostées de puissantes lignes de basses, de guitares incisives, de pianos syncopés que l’on trouve sur « Sempre ». Pour charpenter le tout, il y a ces rythmiques qui alternent tempos linéaires et tourneries obsédantes prêtes à enflammer la scène. « The Tide » en est le parfait exemple. On le redit, le fil conducteur est la voix baryton ténorisante de Greg Dulli, une voix grave et déchirante qui déclame ici les mots comme si sa dernière heure était venue. Les textes introspectifs, d’une grande force poétique avec ces histoires tragiques d’amour malheureux capturent les émotions de l’auteur qui s’entrechoquent de manière confuse et brutale « Black Moon ». On note aussi quelques ballades qui vous prennent aux tripes telles « Marry Me », le poignant « Lockness » ou l’hypnotique « The Ghost ». Si il a composé la quasi totalité des parties de pianos, batteries et basses, Greg Dulli s’est s’entouré d’invités de marque à commencer par le guitariste des Aghans Whigs Jon Skibic du multi-instrumentiste Rick G. Nelson, de l’ex guitariste des Twilight Singers Mathias Schneeberger et du batteur des Mars Volta, Jon Theodore. Percussionniste compact et charnel, ce dernier possède une aisance de métronome et assène redoutables coups de pieds et descentes de toms quand c’est nécessaire. Cela faisait longtemps que l’on avait entendu ce mélange de force et volupté dans des chansons d’une belle richesse sonore. Cet album solo est aussi bon que n’importe quel album des Afghan Whigs. Fortement recommandé.

random desire – greg dulli
Par Jean Christophe Mary - Publié le

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