Exposition

Baselitz, l’artiste à scandales

L'Allemand Georg Baselitz, né en 1938 et réputé pour ses provocations artistiques, a chamboulé les règles de l'art. cet automne le centre Pompidou le célèbre. En Grand ! c'est la première exposition exhaustive jamais organisée qui lui est consacrée, qui plus est, avec sa complicité.

« J’exige tout de moi. Je n’exige à vrai dire rien des autres. Je ne travaille pas avec les autres. Je ne sais pas ce que font les autres ». Malgré Hitler et le nazisme. Avec Goethe et Weimar. Dans les années 1970, alors que Beuys réhabilite l’art allemand, Georg Kern dit Baselitz, l’agresse et le violente. Alors que Wahrol et le Pop Art glorifient aussi bien Marylin Monroe que Coca Cola et Cambells, cet originaire de Haute Lusace, né en 1938, épanche ses pires instincts. Alors que les abstraits se vautrent dans leurs taches et leurs dégoulinades, l’artiste ne cesse de travailler la figure et quel corps. Sa peinture entre dans les musées ? La sculpture le prend et le dévore.  Plus le terrain apparaît balisé, plus ce démon du pinceau, réplique et  s’interroge. Peintre et sculpteur de la solitude et du questionnement, mais surtout du défi et de l’opposition, il élève l’art du  « contre » comme un étendard au-dessus de l’Allemagne bon chic bon genre d’Adenauer et de Brandt. Et brouille, désoriente, rompt, choque, angoisse. En « killer ». Qu’importe ! Ce dernier cracheur de feu de cet art du troisième millénaire a tout pris et chamboulé. Pour l’amour du risque. Sexe, anamorphoses et renversements. Avec Baselitz, rien ne va plus ! Dans son travail de sculpteur représenté dans cette exposition où il n’a de cesse de travailler le bois à la tronçonneuse. A la hache. Encore un autre radicalisme. Encore le refus de toute élégance, une volonté de brutalité et d’agressivité. Et voilà de véritables totems, des sortes de sculptures africaines et océaniennes qui s’élèvent et rappellent celles qu’il collectionne. Parce que la sculpture est le « chemin le plus court » pour traiter des questions fondamentales, explique t-il. Lutte avec la peinture, corps à corps avec le bois, en 1989, Baselitz se lance dans une série de têtes monumentales. Et bien sûr, elles ne peuvent qu’évoquer les victimes de la ville de Dresde en 1945. Il se lance désormais dans la démesure toujours nourrie d’ironie et de décalage avec ses derniers autoportraits évidemment agressivement sexués. La galerie Thaddaeus Ropac de Pantin, la galerie Tarasiève dans son espace du 19è arrondissement de Paris, et aujourd’hui le Centre Pompidou montre l’immense œuvre de celui qui crée à l’image de Fassbinder : un travail à l’allure d’éternelle crise culturelle.

De 11h à 21h, et de 23h le jeudi. Fermé le Mardi. 14 €. Jusqu’au 7 mars 2022. 

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou, 4e www.centrepompidou.fr/fr/
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Par Jean-Christophe Mary - Publié le

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