Exposition

Jaeger-LeCoultre, exposition Reverso une icône s’expose

Fêter les 90 ans d’une icône, c’est plus qu’un simple anniversaire. Jaeger-LeCoultre rend hommage à la Reverso, née en 1931, avec une consécration à la hauteur du mythe : exposition spectaculaire, café Art déco, atelier découverte et, bien sûr, versions inédites. Happy Birthday Reverso

Faire d’un geste un art de vivre et un air du temps qui durent depuis quatre-vingt-dix ans et vont, a minima, perdurer tout autant : l’exploit n’est pas mince, chacun le comprend. Comment imaginer en 1931, quand se présente la Reverso de Jaeger-LeCoultre, née du désir des joueurs de polo d’avoir une montre dont le boîtier pourrait se retourner pour résister aux chocs, qu’elle deviendra un mythe ? Mieux, une icône vite adoptée par les créateurs de tendance, bientôt autant à l’aise à la ville que sur les terrains de sport, montre déclinée au gré des décennies en multiples versions toutes applaudies, enrichie de mécanismes performants et complexes ? Comment envisager que le subtil petit clic que fait son cadran lorsqu’il se verrouille, que la sobriété de ses formes années 30 s’imposeraient en archétypes de l’élégance ultime ? Il y a la beauté du (des) boîtier(s) bien sûr, l’ingéniosité du système comme des différentes améliorations faites au fil des ans, l’originalité de ses formes pures dans un univers de montres rondes. Le fait qu’elle soit à jamais différente, mais toujours la même n’est-ce pas cela qui l’érige en idole du temps chic et charme ? Dès lors, l’exposition “Reverso : intemporelle depuis 1931” porte bien son intitulé. Et ce qu’elle propose correspond à cette alchimie entre culte d’hier et dévotion aux modernités. Rien de passéiste, de compassé, dans cette manifestation qui se tiendra jusqu’au 24 décembre, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement. 

De fait, au sein de cette boutique éphémère on suivra les jalons forts de l’histoire du modèle à travers une importante rétrospective et une sélection inédite des versions les plus célèbres (de la première à la récente Reverso Hybrid Mechanica Calibre 185), on profitera aussi d’un atelier découverte, on savourera les plaisirs d’un café Art déco, on admirera l’œuvre commandée à Michael Murphy. Et pour cause, la Reverso a en elle toutes ces facettes à la fois : elle est icône du temps certes, un emblème de l’art horloger évidemment, mais incarne aussi un plaisir de vivre, un monde à comprendre, et s’impose en œuvre sculpturale. Le temps d’antan, d’inédits documents d’archives de la Manufacture installée à la Vallée de Joux, à plus de 1 000 mètres d’altitude au cœur du Jura suisse, le restitueront. Comme le fera le récit des multiples innovations qu’elle a porté et qui lui ont été apportées, de la première répétition minutes rectangulaire au Gyrotourbillon, du chronographe rétrograde aux matériaux inédits employés avec, apothéose, la présence de la Quadriptyque à quatre faces. Un espace présentant plusieurs modèles masculins et féminins détaillera de son côté l’esthétique spécifique de la montre, ses formes qui respectent les principes du nombre d’or, tout en montrant son classicisme audacieux de façon inhabituelle. Inattendue aussi – et prospective, et magique, et unique, vertus de la Reverso l’œuvre commanditée par Jaeger-LeCoultre à l’artiste américain Michael Murphy. L’œuvre Spacetime permettra aux visiteurs de plonger, à travers les trois dimensions, dans la quatrième – celle du temps – grâce à l’installation “polymorphe et envoûtante” mettant en avant “l’histoire de la Reverso Tribute Nonantième et son fonctionnement mécanique”. Reste qu’une telle étoile horlogère n’existe pas seule, par elle-même, en objet désincarné. Un hommage à la Reverso ne pourrait être “vrai” sans évoquer le lien charnel, humain, qui fait qu’on la fabrique, qu’on l’adopte, qu’on l’aime. Les artisans, graveurs, sertisseurs, maîtres guillocheurs et émailleurs de Jaeger-LeCoultre verront leurs talents salués, modèles spécifiques à l’appui, comme les visiteurs eux-mêmes pourront s’offrir deux aventures uniques liées à la Reverso. L’une avec l’Atelier d’Antoine (le nom du fondateur de la maison), délocalisé à Paris qui verra un horloger et un instructeur livrer quelques cours et conseils “reversiens”, l’autre lors d’une halte au 1931 Café, parenthèse gourmande au décor noir et blanc agrémentée de douceurs signées de la jeune chef parisienne Nina Métayer, gâteaux qui évoqueront les codes esthétiques du modèle. Une nouvelle preuve que la Reverso est plus qu’une montre : un art de porter et vivre le temps autrement.

café jaeger lecoutre
MICHAEL MURPHY
« L’œuvre tout entière est un défi »

Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé de penser une installation autour de la montre Reverso ?

Cette collaboration a été une véritable bouffée d’oxygène. Elle a mis fin à une période difficile pour moi. Tout était au point mort en raison de la pandémie. J’ai aussi été très curieux d’explorer cette association entre un horloger et un sculpteur. Ce fut comme entrer à l’intérieur d’une montre et la démonter pièce par pièce pour comprendre son fonctionnement. Cette collaboration avec Jaeger-
LeCoultre m’a permis de concrétiser un projet longtemps laissé en suspens, celui de créer une œuvre qui exprime le temps. Le temps, ou quatrième dimension, est une composante essentielle de mon travail.

L’anamorphose Spacetime, comment la décririez-vous ?

En physique, l’espace-temps désigne tout modèle mathématique qui intègre les trois dimensions spatiales et celle temporelle dans une seule et même matrice quadridimensionnelle. Cette installation Reverso explose en une myriade d’éléments qui racontent l’histoire de la montre et son fonctionnement mécanique. J’ai morcelé ses composants et les ai agencés de façon à créer deux illusions photographiques différentes : une qui permet de découvrir la face de la montre et l’autre le verso. Chacune des 69 pièces de l’œuvre évoque par sa forme un élément familier de la montre. Et chacune est revêtue d’impressions photos de différents fragments du mouvement et du cadran. Ainsi, lorsque le visiteur marche autour de l’installation, ces composants lui apparaissent exactement comme ils sont disposés à l’intérieur de la montre à condition d’être parfaitement alignés visuellement. Spacetime exprime le temps de manière différente sur chacun de ses cadrans.

Vous aimez jouer avec l’espace, les trois dimensions, que symbolise la Reverso pour vous ?

Il y a un lien évident avec la montre Reverso : elle a deux faces, comme nombre de mes œuvres. Cette connexion fut une évidence. Je pense que Jaeger-LeCoultre l’a immédiatement perçue aussi. La montre Reverso possède une identité graphique iconique et c’est le contenu avec lequel j’affectionne de travailler. Je crée des œuvres qui sont constituées de nombreux éléments qui doivent s’assembler pour former un tout. Comme la Reverso.

Exposition “Reverso : intemporelle depuis 1931” jusqu’au 24 décembre

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Par Thierry Billard - Publié le

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