Exposition

Les Expositions mode à voir en Février 2020

Alors que se tient la Fashion Week du 24 février au 3 mars, Paris fête la mode sous toutes ses coutures. Du premier magazine né à New York, Harper’s Bazaar, aux toutes dernières œuvres pop de Noémie Chaillet-Piquand, en passant par le dialogue inouï entre Azzedine Alaïa et Balenciaga, et la rétrospective Christian Louboutin. En route pour une promenade haute couture rive droite.

Coup de projecteur, au cœur du premier arrondissement, au Louvre, avec la réouverture des galeries de la mode entièrement rénovées à l’intérieur du musée des Arts Décoratifs. Un focus sur les 150 ans du magazine de mode américain Harper’s Bazaar se déploie dans l’espace rajeuni par l’architecte Adrien Gardère. Cette superbe exposition montre à quel point la conjugaison de talents de tous les horizons, artistes, photographes, directeurs artistiques, illustrateurs, a inventé un magazine hors norme. Ceux qui l’ont façonné ? Tout d’abord, une suffragette francophile et femme de lettres Marie-Louise Booth, qui lie à la mode… l’art et la littérature, en 1867, date de son lancement. Le ton est donné ! Ensuite les collaborations avec Picasso, Cocteau, Matisse, auxquelles ont succédé celles avec les Américains Pollock, Stella et Burroughs puis avec Colette, Beauvoir et Sagan. Et bien sûr les photographes Richard Avedon, Peter Lindbergh, Man Ray, Hiro, Patrick Demarchelier, Jean-Paul Goude qui ont révolutionné l’image de mode. Ce subtil mélange crée ainsi un mythe et contribue à la célébrité des plus grands couturiers comme Worth, Poiret, Lanvin, Vionnet, Schiaparelli, Dior, Balenciaga… Bien sûr un hommage est consacré aux personnalités qui ont fasciné la revue dont Carmel Snow, Alexey Brodovitch, Diana Vreeland, Liz Tilberis et Glenda Bailey actuellement en place. Sur 1 500 m2, le rêve en soixante tenues inouïes. À quelques enjambées de la rue de Rivoli, la Joyce Gallery accueille sous les arcades du Palais-Royal une exposition de l’incroyable Noémie Chaillet-Piquand. Sous la signature Nochapiq, celle qui inventa la première basket du monde du luxe, conçut les cuirs vibrato et dwich pour Hermès, ose enfin s’aventurer à créer ses œuvres personnelles. Et quel monde ! Un univers pop qui s’interroge sur la société de consommation et les objets du quotidien. Et voilà cette amoureuse du produit et passionnée du geste qui se met à recycler les objets et les tissus qui lui passent sous la main. Un pouf, un banc, une chaise… puis, plus petits, un couteau, une pipe, un appareil photo, un bracelet, une croix… et sa main compulsive n’en peut plus de découper, d’arracher, de tailler de savants morceaux de tissus, couvertures de survie, foulards Hermès, vêtements, élastiques ou encore d’utiliser les bolducs Dior, Chanel ou Gucci avec lesquels elle “gaine façon sellier” et enrubanne d’un mouvement savant, unique voire automatique.

Quand création rime avec perfection

Toujours sur la rive droite, dans le Marais, rue de la Verrerie, un rendez-vous haute couture incontournable attend les amoureux de l’élégance. Les murs de l’Association Azzedine Alaïa, juste à côté de la librairie, du café, et de la somptueuse boutique, accueillent un dialogue époustouflant entre Azzedine Alaïa et Cristóbal Balanciaga. Un échange rare et magique entre les deux immenses couturiers qui se retrouvent non seulement grâce à un souhait d’Hubert de Givenchy mais aussi grâce à une initiative singulière. Celle d’un jeune créateur tunisien qui sauva en 1968, au décès de Cristóbal Balenciaga, le stock de tissus et de vêtements du couturier espagnol à l’appel de Mademoiselle Renée, l’ancienne directrice de la maison. Ce moment de grâce dévoile une même recherche de la couture invisible, du même noir somptueux, des mêmes volants dramatiques. Hermétiques aux tendances et à la médiatisation, obstinés, seuls, de jour comme de nuit, à la recherche du dépassement de la technique, ces stars de la perfection livrent une communauté d’esprit et de création inimaginable et unique dans l’histoire de la mode. C’est dans le 12e arrondissement que se termine le parcours, avec la première grande exposition consacrée au créateur de chaussures et incontournable figure de la mode parisienne, Christian Louboutin. Audacieux et parfois sulfureux, celui qui inventa la semelle rouge comme marque de fabrique dévoile des centaines de souliers plus dingues et élégants les uns que les autres, ses inspirations venues aussi bien du musée de la Porte Dorée qui l’accueille, avec ses décorations Art Déco et son aquarium, que des artistes qui l’ont inspiré comme le réalisateur et photographe David Lynch, la chorégraphe Bianca Li ou le plasticien pakistanais Imran Qureshi.

Les adresses

Les adresses

  • Musée des Arts Décoratifs. 107, rue de Rivoli, 1er. Fermé lundi. 11 €. 28 février au 14 juillet. www.madparis.fr
  • Palais de la Porte Dorée. 293, avenue Daumesnil, 12e. Fermé lundi. 10 €. 26 février au 26 juillet. www.palais-portedoree.fr
  • Association Azzedine Alaïa. 18, rue de la Verrerie, 4e. Jusqu’au 28 juin. https://associationazzedinealaia.org
  • Joyce Gallery. Jardin du Palais Royal, 168-173, rue de Valois, 1er. 24 février au 7 mars. www.joyce.com
Par Anne Kerner. Photos : 1.Bruno Comtesse 2.Peter Lindbergh (courtesy Peter Lindbergh, Paris) 4.Christian Louboutin - Publié le

Vous aimerez sûrement les articles suivants…

Ajouter le votre

1 commentaire

Par AffiliateLabz • 19 février 2020 / Répondre

Great content! Super high-quality! Keep it up! 🙂

Ajouter votre commentaire

Rejoignez-nous sur Instagram Suivre @ParisCapitale