Culture

Notre-Dame brûle, le film évènement de Jean-Jacques Annaud

Ce long métrage spectaculaire, Notre-Dame brûle, reconstitue, heure par heure, l’invraisemblable réalité de l’incendie qui a dévasté la cathédrale le 15 avril 2019… Jean-Jacques Annaud explique comment le projet a été conçu.

Pour son retour derrière la caméra le fougueux réalisateur Jean-Jacques Annaud s’attaque, à 78 ans, à une reconstitution historique démesurée. Spécialiste des films à grand spectacle et gros succès : L’Ours, Le Nom de la Rose, Sept ans au Tibet, Stalingrad… il filme la violence de l’incendie de Notre-Dame si soudain. Et le sauvetage rocambolesque et héroïque du monument gothique qui avait survécu depuis le XIIe siècle aux guerres, aux révolutions et aux catastrophes naturelles. Avec un budget de 30 millions d’euros, Notre-Dame brûle conjugue le point de vue des sapeurs-pompiers, ayant mis leur vie en péril, à celui des ecclésiastiques, des généraux et des politiques. Il intègre 5 % d’images d’archives ou vidéos amateurs de touristes du monde entier, témoins du drame. Ilustrant comment les embouteillages ont freiné l’arrivée des pompiers. Filmant de l’intérieur ce que personne n’a pu capturer, Jean-Jacques Annaud pose ses caméras au cœur du feu et de l’action. Il retrace les combats et les multiples rebondissements de cette soirée historique en tissant le spectaculaire à l’intime sur une partition épique. L’écriture de ce scénario extrêmement documenté fut rapide. Celui-ci s’est nourri des récits et des notes d’une cinquantaine de protagonistes présents sur les lieux et jouant leur propre rôle dans le docufiction. Puis, Jean-Jacques Annaud a consacré cinq mois à un découpage minutieux dont il est le spécialiste. Avant d’attaquer, entre mars et juin dernier, quatre mois de tournage titanesque. Le choix puis la construction d’une quarantaine de décors furent une étape cruciale. Gigantesque, le beffroi a été reconstitué en taille réelle soit l’équivalent d’un immeuble de quatre étages ! Périlleuse, la scène de l’effondrement de la flèche à la Cité du cinéma à Saint-Denis a demandé à l’équipe décoration plusieurs jours d’installation avant d’y mettre le feu pour qu’elle s’écroule. Filmée à trois caméras principales dont deux protégées de crash box supportant une tonne de débris sans casser, la séquence dure tout juste 30 secondes à l’écran. Enfin, pour rester fidèle aux axes qui ressemblent à ceux de Notre-Dame, le tournage s’est délocalisé dans les cathédrales Saint-Étienne de Sens et de Bourges. Les mêmes scènes réalisées dans trois, quatre endroits différents offrent au spectateur un sentiment d’intensité captivant. Tourné en français, le film accueille un casting de choix avec Samuel Labarthe, Jean-Paul Bordes, Jérémie Laheurte (La Vie d’Adèle), Chloé Jouannet, Pierre Lottin (Les Tuche) Inédite, cette expérience de cinéma aux effets très spéciaux sort exactement trois ans après le sinistre. Avec un attrait commercial international puissant et, déjà, un record vertigineux au montage : plus de mille plans ! Soit le double d’un film habituel…

Notre-Dame brûle de Jean-Jacques Annaud, sortie de 16 mars. https://notredamebrule.com/

Paris Tournage de Notre Dame brule
Jean-Jacques Annaud « Lors du drame je n’ai rien vu, j’ai tout imaginé… »

Où étiez-vous lorsque Notre-Dame a brûlé ?

Je me trouvais sur la côte vendéenne, dans une maison où la télévision ne fonctionnait pas. J’ai dégotté une vieille radio pour écouter le discours que le président Macron devait prononcer ce soir du 15 avril. C’est ainsi que j’ai appris la nouvelle de l’incendie, puis que j’ai vécu son déroulement jusqu’à tard dans la nuit. Je connaissais bien la cathédrale. Je n’ai rien vu. J’ai tout imaginé.

Comment l’idée de faire de ce drame votre nouveau film s’est-elle imposée ?

L’étincelle est venue de mon ami Jérôme Seydoux, le président de Pathé, un partenaire d’une fiabilité à toute épreuve. Il sait que j’aime ne pas m’assoupir dans un genre. Il m’a proposé de réaliser, ô surprise, un documentaire à grand spectacle pour les écrans larges et les salles à équipement sonore immersif. Après avoir été étourdi par les révélations des documents qui m’ont été donnés à lire et par cette succession rocambolesque de dysfonctionnements, j’ai proposé non pas de faire un montage d’images d’archives, mais de reconstituer la soirée fatidique. Tourner ce qui n’avait pas pu être filmé et faire voir ce qui n’était pas imaginable. Réaliser un film qui ressemblerait en tous points à une fiction à la nuance près que tout serait basé sur des faits authentiques.

Pendant le tournage quel a été votre plus grand défi ?

Faire en sorte que personne sur le plateau n’attrape le Covid. Nous avons été infiniment chanceux.

Souhaitez-vous la reconstruction de Notre-Dame à l’identique ou dans un esprit plus contemporain ?

Il n’est pas dans mon rôle d’avoir l’ambition d’intervenir sur le chantier de reconstruction. La décision a été prise depuis de nombreux mois. Suivant les recommandations de la règle édictée par l’Unesco, la cathédrale sera reconstruite à l’identique, dans l’état où elle se trouvait juste avant le drame.

Interview jean jacques Annaud
Par Sylvie Gassot - Publié le

Vous aimerez sûrement les articles suivants…

Rejoignez-nous sur Instagram Suivre @ParisCapitale