Spectacles

Patrick Timsit « Adieu… Peut-être. Merci… C’est sûr » !

 « Les adieux c’est comme les séparations, c’est celui qui prend la décision qui ne souffre pas… enfin qui souffre moins. ». Dans ce nouveau texte co-écrit avec Jean-François Halin, l’humoriste  fait ses adieux au public. Répliques grinçantes, images noires, rien ne l’arrête quand il passent les malheurs de la vie à la moulinette et balance les pires horreurs avec un naturel et un sourire déconcertant. Il se moque de tout et de tout le monde, à commencer par lui-même. Entre le cynisme et l’autodérision, non seulement il déclenche le rire sur les pires atrocités du monde mais prend surtout un malin plaisir à observer la réaction du public. Car assister à une performance de Timist, c’est comme visiter un petit musée des horreurs où le rire se transmet d’un simple regard, d’un simple geste de la main, un simple mouvement du corps. On se laisse porter par le rythme, la pulse de ces vannes qui s’enchaînent à la vitesse de la lumière. A travers une mise en scène sobre et efficace signée Etienne de Balasy, on prend crampes de rire sur crampes de rire et on a du mal à reprendre son souffle. Les riches, les pauvres, Mimi Mati, mais aussi les juifs, les homos, Cyril Hanouna, Eric Zemmour, la mort, la vieillesse, les enfants, ce soir tous les personnages qu’il passe à la loupe en prennent tous pour leur grade. Véritable jongleur de mots, il mets en parallèle « le naufrage de la vieillesse et celui des jeunes migrants », aborde d’un ton décalé et provocant des thèmes comme  les transgenres « si tu changes de sexe prends en un gros » , renvoie dos à dos « Dieu et ….Marlboro ! Attention, ce stand up est corrosif. Très corrosif. D’ailleurs, il l’annonce : -« Après ce spectacle il va falloir dé-Timsitiser la salle ». Quand c’est joué avec une telle précision, un tel sens de l’autodérision, on ne peut qu’en rire aux éclats. Un grand merci à Blandine, Norma  et les équipes du Théâtre du Casino pour leur accueil toujours aussi chaleureux et bienveillant. Prochaines dates parisiennes du 07 décembre au 02 janvier 2022. Courrez-y !
Par Jean-Christophe Mary - Publié le

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