Art

L’Atelier des Lumières, une usine à rêves

Une fonderie pour les fondus d’art et ceux qui ne demandent qu’à l’être… L’Atelier des Lumières, installé dans cette ex-installation industrielle du 11e arrondissement, est le premier centre d’art numérique à ouvrir ses portes à Paris. Dès le 13 avril, des expositions immersives monumentales seront programmées. Gustav Klimt, dont on célèbre cette année le centenaire de la disparition, sera le peintre mis à l'honneur pour l'inauguration de ce lieu d'un nouveau genre.

Paris est décidément riche en surprises. Quand on se baladait rue Saint-Maur dans le 11e, on ne remarquait pas forcément l’entrée du vaste bâtiment de cette ancienne fonderie où s’est installé l’Atelier des Lumières. Après des travaux d’insonorisation, de climatisation et de sécurité, les 2 000 m², équipés de 140 vidéoprojecteurs laser Barco et de 50 enceintes à directivité contrôlée Nexo, offrent un spectacle saisissant. Ceux qui ont déjà visité les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence connaissent le principe des expositions immersives au cours desquelles des milliers d’images en très haute résolution sont mises en mouvement, selon le procédé Amiex, et accompagnées de musiques.

La projection d’images sur des murs, de monuments par exemple, existait déjà lorsque les expositions dans les Carrières de Lumières ont démarré en 2012. « Ici, le concept est différent. Le caractère immersif offre quelque chose d’essentiellement émotionnel, même si nous n’oublions pas l’aspect informatif, explique Bruno Monnier de Culturespaces à qui l’on doit les Carrières de Lumières et l’Atelier des Lumières. En mêlant musique et plaisir esthétique, les expositions numériques immersives de l’Atelier des Lumières permettent d’attirer vers l’art tous les publics, toutes générations confondues, notamment les jeunes. Elles proposent une découverte inédite, une première approche de l’art pictural et sont un formidable moyen pour mieux appréhender les œuvres des expositions « traditionnelles ». »

 

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Atelier des Lumières

38, rue Saint-Maur, 75011, Paris www.atelier-lumieres.com
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Atelier des lumières culturespaces Bruno Monnier

L’Atelier des Lumières : une superproduction signée Culturespaces

Créée en 1990 par Bruno Monnier, la société Culturespaces gère des sites et des établissements culturels, qui lui appartiennent ou pas. À Paris, par exemple, elle loue l’espace de l’Atelier des Lumières aux propriétaires qui ont été enthousiasmés par ce projet. Elle organise aussi des événements tels que l’organisation de reconstitutions historiques comme la bataille de Waterloo. Dans la capitale, elle est en charge des musées Jacquemart-André et Maillol. Dans le sud de la France, Culturespaces s’occupe des Carrières de Lumières et du château des Baux-de-Provence, de l’Hôtel Caumont-Centre d’Art d’Aix-en-Provence, du Théâtre Antique et du musée d’Art et d’Histoire d’Orange, des Arènes, de la Maison Carrée et de la Tour Magne de Nîmes, de la Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat. À cet ensemble prestigieux s’ajoute la Cité de l’Automobile à Mulhouse et, dorénavant, l’Atelier des Lumières à Paris.

À l’Atelier des Lumières, quasiment toutes les surfaces sont utilisées aussi bien les murs (10 mètres de hauteur) que les sols ! Les éléments architecturaux et équipements de l’ancienne fonderie qui ont été conservés sont mis à profit : les structures métalliques, une grande cheminée, une tour de séchage, un réservoir, un bassin empli d’eau… Créé en 1835 par la famille Pichon puis fermé un siècle plus tard, ce lieu industriel était devenu un espace d’exposition pour machines-outils. Trois expositions seront proposées dès le 13 avril. La grande halle (1 500 m²), faisant songer à un temple voué au culte de l’art, consacre un programme à un peintre majeur, Gustav Klimt pour l’ouverture du lieu.

Conçu par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, ce programme plonge dans l’univers de Gustav Klimt (1862-1918), figure essentielle de la Sécession, mouvement viennois que l’on rattache à celui de l’Art nouveau. Le Baiser, Judith et Holopherne, le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer ou la Frise Beethoven, conservés au palais de la Sécession dans la capitale autrichienne, comptent parmi les œuvres les plus connues de cet artiste dont l’Atelier des Lumières raconte à sa manière le parcours. Une place est aussi faite à Egon Schiele (1890-1918), contemporain de Klimt et célèbre peintre aussi. Au total, on est immergé dans plus de deux cents œuvres. Plus besoin de se rendre à Vienne, où les créations de ces artistes sont principalement exposées, on sait maintenant où aller sans quitter la France…

En complément, une deuxième exposition, en forme de programme court, consacrée à l’artiste autrichien Friedensreich Hundertwasser (1928-2000) est également à voir dans la halle. Enfin, le Studio (160 m²), troisième lieu de l’Atelier des Lumières, est dédié aux créateurs contemporains qui emploient des outils numériques. Le collectif turc Ouchhh avec son installation onirique, Poetic_Ai, générée à travers un algorithme, compose une œuvre digitale unique et contemplative riche en couleurs, formes et mouvements. Un bar immersif sert une restauration légère dans ce Studio, ce qui ne peut que faire un peu plus fondre le cœur des visiteurs de cet atelier pas comme les autres.

L’Atelier des Lumières. De 9,50 à 14,50 €.  
De 10 h à 18 h, 22 h le vendredi et 19 h les samedi et dimanche. 

Jusqu’au 31 août : Poetic_Ai.
Jusqu’au 11 novembre : “Gustav Klimt et Hundertwasser, sur les pas de la Sécession viennoise”.

Carrière de lumière - Picasso 2018

Par Michel Doussot. Crédit photos : Culturespaces. - Publié le

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