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Monaco, caviar et standing ovations : le Michelin 2026 a fait son show

La veille de la cérémonie, le ton est donné. Dans le mythique Salon Empire de l’Hôtel de Paris Monte-Carlo – palace d’exception conduit avec maestria par Louis Starck, directeur général attentif qui accueille ses hôtes sur le perron comme il les raccompagne à leur départ – cent dix chefs deux et trois étoiles sont réunis pour un dîner hors norme. En présence du Prince Albert II, de Gwendal Poullenec, directeur international du Guide, et des chefs maison du Groupe SBM – Ducasse, Alléno, Ravin, Lory – la soirée vire vite au jeu des pronostics. La présence de Jean- François Piège à la table d’honneur électrise les rangs de la presse. Le chef du Grad Restaurant, éternel postulant à la troisième étoile, allait-il enfin décrocher le sésame ? La suite répondra non. Cruelle mécanique du Guide : être convié à la table des puissants ne suffit pas. Le lendemain, au Grimaldi Forum, plus d’un millier de convives découvrent le palmarès. Le nouveau trois étoiles ? Les Morainières, à Jongieux en Savoie, où Michaël Arnoult signe depuis vingt ans une cuisine d’alpages d’une cohérence absolue. Une consécration méritée, loin des agitations parisiennes. Mais c’est Paris qui fait le show, et pour cause.

Parmi les sept nouvelles tables deux étoiles, quatre sont franciliennes. À commencer par Alliance, l’adresse confidentielle du 5e arrondissement – seulement huit tables – franchit le cap avec la grâce qu’on lui connaît. Le chef japonais Toshitaka Omiya, formé chez Passard, Legendre et Toutain, impose une cuisine d’une précision chirurgicale où la France classique dialogue avec la sensibilité épurée du Japon, sublimée par la salle et la cave impec- cables de son associé Shawn Joyeux. Une deuxième étoile tellement évidente qu’elle prend des allures de retard rattrapé. Dans le 1er, Hakuba, ouvert dans l’écrin du Cheval Blanc en 2024, monte déjà en deuxième catégorie : un omakase à six mains signé Takuya Watanabe, Arnaud Donckele et Maxime Frédéric, qui réconcilie Tokyo et Paris avec une précision envoûtante. Même fulgurance pour Virtus dans le 12e, où Frédéric Lorimier affiche une technique redoutable, avec une salle dirigée par Camille Gouyer, récompensée du Prix du Service 2026. À Ville-d’Avray, Le Corot célèbre les trésors d’Île-de-France sous la main de Rémi Chambard.

Côté première étoile parisienne, la promotion confirme quelques belles audaces : Jin, Maison Ruggieri Palais Royal, Hanada, Héritages, Imperial Treasure, Irwin, Prévelle, Monsieur Dior by Yannick Alléno, Geoélia, Zostera, La Borie, Pilgrim… La capitale reprend des couleurs. La soirée n’est pourtant pas qu’un feu d’artifice. Deux moments d’émotion pure la traversent. Le premier : une standing ovation pour Pierre Gagnaire, Prix du Chef Mentor, icône à 76 ans, dont la cuisine poétique a formé des générations. Le second, plus solennel : un hommage bouleversant à Andreas Mavrommatis, disparu le 14 mars, deux jours avant la cérémonie. Dans la salle du Grimaldi Forum, les chefs debout et silencieux rendaient hommage à l’un des leurs. Un instant de grâce, rare et nécessaire. Monaco avait promis du grand spectacle. Monaco a tenu sa promesse.

 

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