Sur la Croisette, certains instants relèvent de la grâce, presque de l’apparition. Du 12 au 23 mai, Chopard et le Festival de Cannes prolongent une alliance de 29 ans où le réel se pare d’éclat. Cette année, la collection Red Carpet, intitulée “Les Miracles”, célèbre ces surgissements précieux, entre visions joaillières et émotions de cinéma. Caroline Scheufele, la coprésidente et directrice artistique de la Maison suisse, nous en dévoile les secrets.
À Cannes, le miracle des carats Chopard
Dans un monde qui n’invite guère à l’optimisme, ne faut-il pas, plutôt que de se repaître de nouvelles stressantes, savoir savourer celles qui sont bonnes, et les considérer comme des miracles qui offrent du beau et font du bien ?
Si ! Aussi, voir revenir avec la régularité d’un métronome précieux le Festival de Cannes – qui est aussi celui de la magie Chopard – ne peut que nous éblouir et nous réjouir. Et pour cause, le rendez-vous majeur de la culture et de la haute joaillerie livre le plus brillant des rôles: celui où les étincelles de carats et la magie créatrice vont de pair… pour le meilleur des mondes. Un meilleur qui signifie summum, tant les 79 pièces que présente la Maison suisse et les moments forts qui accompagnent l’édition 2026 époustouflent voire relèvent du miracle. Et même des “Miracles”, pour reprendre le fil d’inspiration qu’a suivi Caroline Scheufele, sa coprésidente et directrice artistique. Rencontre avec celle par qui la splendeur naît, se déploie et embellit la vie.
Que ressent-on quand on est, depuis 1998, partenaire du Festival de Cannes ?
Une émotion immense ! Car cette relation est une histoire humaine, artistique et profondément inspirante. Cinéphile, je suis particulièrement touchée par ce lien privilégié, car il représente l’alliance de différentes expressions créatives, qu’il s’agisse de haute joaillerie, de mode ou de cinéma. Comme notre collaboration se renforce au fil des années, j’éprouve chaque fois l’immense fierté d’avoir été choisie par le Festival pour redessiner la Palme d’or et pour accompagner les artistes sur le tapis rouge.
Comment avez-vous abordé ce millésime ?
Avec joie et impatience. Ce millésime, vous le savez, est pour nous placé sous le signe des “Miracles”, qui est à la fois un défi et une grande liberté créative. Celui de se renouveler sans perdre l’ADN de Chopard ni l’âme du Festival. Portée par le talent exceptionnel de nos ateliers, cette édition salue donc, au-delà du glamour, l’exigence artistique, la passion et cette part de magie qui fait naître l’émotion. Le monde traverse un moment difficile, et il est très douloureux de voir autant de conflits et de tensions. Cannes, dans un tel contexte, se transforme en espace précieux, un lieu où la culture, la créativité et l’émotion rassemblent les gens au-delà des frontières et des différences. Le cinéma raconte des histoires, des moments d’évasion qui relient, et la haute joaillerie célèbre la beauté, le savoir-faire et la passion de nos artisans. Poursuivons notre travail avec sens et responsabilité.
La collection Red Carpet, vous l’avez dit, se place sous le signe des “Miracles”. Pourquoi ?
L’idée est née quasi instinctivement. Je suis sensible aux merveilles de la vie, à ces moments parfois discrets, presque imperceptibles, qui nous invitent à regarder le monde autrement. Un détail, une lumière, une émotion inattendue peuvent suffire à créer un miracle. Or à Cannes ces instants prennent une résonance particulière.
Et de quels types de miracles parlez-vous ?
Avant tout des miracles qu’offre la nature, et de ceux qui naissent du quotidien. Une pierre révélée au cœur de la Terre, une rencontre poétique entre les éléments, une transformation inattendue. Le magnifique collier mettant en lumière un saphir Royal Blue de 88 carats en est une illustration éclatante : un trésor façonné par Mère Nature, que la main humaine sublime, comme un dialogue entre la terre et le ciel. Il y a aussi des miracles de renaissance, de mouvement et de métamorphose : un phénix saisi en plein envol, une carpe ondoyant comme l’eau qu’elle habite, un papillon qui dissimule le temps, tous à découvrir dans la collection Red Carpet. Autant d’instants fragiles, simples, essentiels, profondément poétiques, que j’ai voulu incarner, parce qu’ils rendent la vie plus sensible et plus magique.
Quelles sont les pierres et matières phares de cette collection ?
Des gemmes d’une présence exceptionnelle. Les émeraudes occupent une place centrale, mais dialoguent avec des diamants aux tailles multiples, des saphirs multicolores, des tanzanites ainsi que des pierres plus rares aux nuances singulières, comme un diamant vert magnifique. Cette richesse s’exprime à travers des créations emblématiques : un choker d’émeraudes totalisant plus de 87 carats, à l’expression presque minérale; une broche en forme de carpe animée par un jeu de diamants et de saphirs; un collier de diamants d’une grande pureté graphique, rythmé par des tailles marquise, poire et brillant, et structuré autour d’un diamant poire central de plus de 11 carats. La collection se prolonge dans des pièces horlogères joaillières, comme une montre en or blanc sertie de plus de 46 carats de diamants ou une montre à secret en forme de papillon posé sur une fleur, illuminée de saphirs jaunes, roses et orange. Le tout réalisé en or éthique 18 carats, blanc ou rose selon les modèles, parfois associé au titane pour apporter légèreté, modernité et liberté de forme.
Inspiré de la rencontre entre la terre et le ciel, sculpté en or blanc éthique, ce collier magistral s’articule autour d’un majestueux saphir Royal Blue de… 88 carats ! Autour, des rangs fluides de saphirs et d’aigues-marines se déploient en cascades lumineuses.
Ci-contre, une broche carpe en or blanc éthique et titane dont les écailles serties de diamants et saphirs dessinent un mouvement ondoyant.
Quel fut votre processus créatif ?
En vérité, chaque pièce exceptionnelle est née d’un miracle précis, souvent, comme je vous l’ai dit, d’une pierre qui impose son rythme et son ressenti. Certaines gemmes possèdent une présence telle qu’elles semblent déjà raconter une histoire. Le dessin du bijou devient un dialogue intime entre la pierre, la main de l’artisan et l’émotion que l’on souhaite transmettre. C’est le cas pour la manchette dominée par une émeraude cabochon de près de 51 carats. Sa douceur, sa profondeur enveloppante invitaient à un dessin ample et généreux, où les diamants, marquise, poire et brillant, viennent capter la lumière. Le choker d’émeraudes appelait une architecture épurée, quasi minérale, capable de faire parler la matière et la lumière. À l’opposé, la broche Phénix est le fruit d’un élan plus instinctif, porté par l’idée de mouvement et de renaissance ; les couleurs, l’or éthique et le titane dialoguent tel un plumage vibrant. Au fond, j’aimerais que l’on perçoive d’abord l’émotion, l’intention et la poésie qui se cachent derrière une création. Un bijou ne se résume pas à un nombre de carats : il porte en lui une histoire, une lumière, l’instant, parfois infime, parfois extraordinaire, qui a présidé à sa naissance.
Vous êtes l’amie de nombreuses stars. Qui sera avec Chopard cette année, et quels seront vos temps forts ?
Cannes aime les surprises, donc je vais les préserver. (Sourire.) Je peux toutefois dire que Bella Hadid, notre ambassadrice, sera à nos côtés, tout comme Isabelle Huppert, la marraine du Trophée Chopard cette année, et de grandes amies de la Maison, telles que Carla Bruni.
Quant aux temps forts, signalons, en plus de la cérémonie d’ouverture, le 12 mai, toujours émouvante, la célébration du Trophée Chopard le 15, rendez-vous qui confirme notre engagement de longue date en faveur des jeunes talents du cinéma. Ainsi que, tout au long du Festival, la révélation, au fil des montées des marches, des créations Red Carpet 2026 dont je vous ai parlé. Sans oublier la grande soirée de gala Chopard, la soirée Gentlemen et, le samedi 23 mai, lors de la clôture, la remise de la Palme d’or.
On murmure qu’une surprise – au sens magique du terme – enchantera le Festival…
Une pièce Chopard revêt pour moi une signification intime, puisque je l’ai imaginée et dessinée à l’âge de 16 ans et que mon père l’a fait ensuite réaliser en secret pour me l’offrir : Happy Clown. J’avais été émue par ce geste. Qui a donné naissance, dans les années 1980, à notre première ligne de joaillerie. Eh bien, le clown fait son retour : j’en dévoilerai une version exceptionnelle de haute joaillerie lors de notre soirée de gala. La boucle sera bouclée, et nous pourrons sourire en beauté, ce qui fera grand bien à chacun !
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