[sociallocker id= »28285″]Lorsque vous vous êtes lancé dans ce métier, la notoriété de vos parents ne vous a-t-elle pas fait peur ?
Je ne me suis jamais senti en concurrence avec mes parents car j’estime que nous ne faisons pas le même métier. Un interprète attend qu’on lui fasse des chansons. Moi, je suis un compositeur avant tout, dont la première passion a été la batterie. Enfant, dès que je finissais l’école, je m’enfermais dans ma chambre où je jouais à fond de la batterie et du piano, entraînant mon oreille, en déchiffrant sans cesse. Je suis quelqu’un de libre dans ma tête qui n’a jamais rien attendu de personne. J’aurais du mal à être seulement un interprète. Pour moi, générer des émotions est très important et chanter sur des musiques composées par quelqu’un d’autre m’aurait été très difficile.
Quel genre d’enfant étiez-vous ?
Un enfant turbulent, mais introverti qui parlait très peu. Je n’étais pas démonstratif et j’avais du mal à exprimer mes émotions. Cela dit, c’est un peu une marque de fabrique dans ma famille pour laquelle montrer ses émotions est un signe de faiblesse ! Dès l’école, j’avais déjà fondé deux groupes de rock et ma nature de compositeur me cantonnait à l’arrière, ce qui me plaisait beaucoup. Je suis à l’antipode de l’artiste qui occupe le devant de la scène. Pendant longtemps, je n’aimais pas me montrer. Prendre du plaisir à occuper la place du chanteur m’a pris beaucoup de temps…
Chacun se souvient du petit garçon blond de 13 ans venu par surprise jouer de la batterie le soir de la dernière de l’un des concerts de votre père…
Même si notre première véritable collaboration a commencé avec la chanson Mirador, en 1989, dont j’avais composé la musique sur un texte d’Etienne Roda-Gil ! C’était la première fois que j’écrivais pour lui. Mais notre collaboration la plus déterminante a été l’album Sang pour Sang, sorti en 1999 que j’avais co-réalisé et dont j’avais composé toutes les musiques. Ce disque a marqué la reconnexion entre nous dans la mesure où nous n’avions pas passé notre vie ensemble. À chacune de nos rencontres, nos conversations étaient axées sur la musique, le cinéma et spécialement les films d’horreur dont il était un fan absolu. Une passion qu’il m’a d’ailleurs transmise. Chaque soir, en sortant du studio d’enregistrement, nous en regardions un ensemble ! Une seconde relation s’était formée entre nous, loin du quotidien. Notre échange était d’artiste à artiste. Cet album a été le plus gros succès de sa carrière. Cependant, ce ne sont pas les ventes qui m’ont marqué, mais ce que nous avons vécu ensemble à ce moment-là.
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