Interview

David Hallyday Le talent en héritage

Fils de deux icônes de la chanson, David Hallyday a su depuis longtemps s’imposer sur la scène musicale.

Élevé depuis l’enfance de l’autre côté de l’Atlantique où il a réussi à se faire un nom, David, papa de trois enfants parmi lesquels Ilona Smet, mannequin prometteur marchant sur les traces de sa maman Estelle, est actuellement en tournée à travers la France.

Rencontre chaleureuse à l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris lors d’un court passage dans la capitale.

David, comment allez vous ?

Je vais bien, merci. J’ai pas mal de projets en France et à l’étranger, je prépare mon prochain album. Je suis également en tournée. Bref, j’ai de quoi m’occuper l’esprit. Le fait d’être aussi compositeur, de créer ce que je fais m’oblige à être toujours en ébullition et à me focaliser sur d’autres choses. La musique est une échappatoire formidable.

Vous avez vraiment grandi entre deux cultures : la française et l’américaine.

J’ai beaucoup plus vécu aux États-Unis qu’en France. Dès l’âge de quatre ans, je suis parti vivre à New York avec ma mère et ma grand-mère. Nous y sommes restés un an avant de partir vivre en Californie. Très vite, j’ai développé la faculté de m’adapter partout. L’Amérique est géniale en terme de travail et de reconnaissance de l’effort. Là-bas, si quelqu’un réussit, tout le monde l’applaudit ! En même temps, je me sens aussi très européen.

Il y a quelques mois, la France entière partageait avec vous les funérailles de votre père. Qu’avez vous ressenti devant une telle ferveur ?

Cela m’a complètement bouleversé. Je me suis senti porté par l’amour de tous ces gens. Voir autant de personnes se réunir pour une cause ou quelqu’un, c’est très beau et très touchant. Tout acte d’amour et de bienveillance est quelque chose de bouleversant. On devient la moitié d’un adulte quand on perd un parent. Désormais, j’essaie de profiter de ma vie, de ma famille, de mes enfants.

Vous semblez quelqu’un  de très structuré. Une qualité que vous devez à l’éducation donnée par votre mère Sylvie Vartan ?

Ma mère est une émigrée bulgare qui s’est faite toute seule. Elle a appris que dans la vie, il faut rester soudés avec les gens qu’on aime parce que c’est une question de survie. Je remercie ma mère tous les jours des valeurs qu’elle m’a transmises tout comme celles de mon oncle Eddy qui était un trompettiste de jazz extraordinaire. Parce que j’ai été élevé essentiellement par des femmes, ma mère et ma grand-mère maternelle, je les respecte beaucoup. Peut-être ai-je aussi davantage de compréhension à leur égard, elles qui incarnent à la fois la douceur et la force.

[sociallocker id= »28285″]Lorsque vous vous êtes lancé dans ce métier, la notoriété de vos parents ne vous a-t-elle pas fait peur ?

Je ne me suis jamais senti en concurrence avec mes parents car j’estime que nous ne faisons pas le même métier. Un interprète attend qu’on lui fasse des chansons. Moi, je suis un compositeur avant tout, dont la première passion a été la batterie. Enfant, dès que je finissais l’école, je m’enfermais dans ma chambre où je jouais à fond de la batterie et du piano, entraînant mon oreille, en déchiffrant sans cesse. Je suis quelqu’un de libre dans ma tête qui n’a jamais rien attendu de personne. J’aurais du mal à être seulement un interprète. Pour moi, générer des émotions est très important et chanter sur des musiques composées par quelqu’un d’autre m’aurait été très difficile.

Quel genre d’enfant étiez-vous ?

Un enfant turbulent, mais introverti qui parlait très peu. Je n’étais pas démonstratif et j’avais du mal à exprimer mes émotions. Cela dit, c’est un peu une marque de fabrique dans ma famille pour laquelle montrer ses émotions est un signe de faiblesse ! Dès l’école, j’avais déjà fondé deux groupes de rock et ma nature de compositeur me cantonnait à l’arrière, ce qui me plaisait beaucoup. Je suis à l’antipode de l’artiste qui occupe le devant de la scène. Pendant longtemps, je n’aimais pas me montrer. Prendre du plaisir à occuper la place du chanteur m’a pris beaucoup de temps…

Chacun se souvient du petit garçon blond de 13 ans venu par surprise jouer de la batterie le soir de la dernière de l’un des concerts de votre père…

Même si notre première véritable collaboration a commencé avec la chanson Mirador, en 1989, dont j’avais composé la musique sur un texte d’Etienne Roda-Gil ! C’était la première fois que j’écrivais pour lui. Mais notre collaboration la plus déterminante a été l’album Sang pour Sang, sorti en 1999 que j’avais co-réalisé et dont j’avais composé toutes les musiques. Ce disque a marqué la reconnexion entre nous dans la mesure où nous n’avions pas passé notre vie ensemble. À chacune de nos rencontres, nos conversations étaient axées sur la musique, le cinéma et spécialement les films d’horreur dont il était un fan absolu. Une passion qu’il m’a d’ailleurs transmise. Chaque soir, en sortant du studio d’enregistrement, nous en regardions un ensemble ! Une seconde relation s’était formée entre nous, loin du quotidien. Notre échange était d’artiste à artiste. Cet album a été le plus gros succès de sa carrière. Cependant, ce ne sont pas les ventes qui m’ont marqué, mais ce que nous avons vécu ensemble à ce moment-là.

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[sociallocker id= »28285″]Vous avez arrêté vos études sitôt après le Bac. Les poursuivre ne vous tentait pas ?

Si. Je devais entreprendre un cycle de trois ans à l’université. Mais la musique commençait à marcher et à me rapporter de l’argent. À 17 ans, déjà autonome, j’ai quitté ma mère pour m’installer dans un petit appartement de Los Angeles. J’ai donc renoncé à l’université par crainte de freiner une carrière qui commençait tout juste de démarrer.

Vous êtes le père de trois enfants. Que souhaitez-vous leur transmettre ?

Je souhaite leur inculquer des valeurs qui leur permettent de se repérer dans la vie et leur apprendre à rêver. Qu’ils arrivent à réaliser leurs rêves quel que soit le domaine et je serai heureux. Je voudrais juste leur éviter de faire des erreurs graves. Je voudrais aussi que mes filles, les aînées, Ilona et Emma, (son fils Cameron, né de son second mariage, a seulement 13 ans, N.D.L.R.) quand elles seront adultes, ne perdent jamais le contact avec moi.

Si chacun de nous connaît à peu près tout du chanteur Johnny Hallyday, pouvez-vous nous nous parler de l’homme qu’il était ?

Si tout le monde connaissait Johnny Hallyday, pour moi, mon père était Jean-Philippe Smet. C’était un homme formidable, doux, humble et simple. À la fois un père et un frère. C’était vraiment un mec génial.

La rumeur vous dit désormais installé au Portugal avec votre famille…

Les rumeurs restent ce qu’elles valent. J’ai découvert ce pays que j’adore à l’âge de 14 ans, lors d’un voyage avec ma mère. J’y suis revenu il y a vingt ans à l’occasion d’une course automobile et j’ai été à nouveau totalement séduit. Depuis, ma femme et moi y allons régulièrement en vacances et avons fini par nous y acheter une maison qui est pour nous un lieu de villégiature. Il y a une énergie incroyable dans ce pays, un peu comme aux États-Unis. Les gens y sont très bosseurs. On sent qu’il y a beaucoup de choses à faire ce qui explique sans doute l’attirance des jeunes pour ce pays.

David, quel est votre ressenti face au monde d’aujourd’hui ?

Je le trouve aussi exceptionnel que difficile et compliqué, dans la mesure où aujourd’hui on peut montrer son talent et ce qu’on sait faire pour avancer dans la vie grâce aux nouvelles technologies mais dans un même temps on peut perdre le contact humain. En effet ce ne sont pas les machines qui vont nous apprendre les valeurs dans la vie. [/sociallocker]

David Hallyday Paris capitale magazine
Bio Express David Hallyday

Bio Express David Hallyday

  • Naissance à Boulogne-Billancourt.
  • Installation définitive à Los Angele
  • Écrit un titre pour sa mère, She Can Dance
  • Sortie de son premier album True Cool qui est un succès. Composition d’une première chanson pour son père, Mirador.
  • Épouse le mannequin Estelle Lefébure.
  • Accorde beaucoup de temps à sa seconde passion qu’est le sport automobile. Il participe à plusieurs 24 H du Mans.
  • Compose et co-réalise l’album de son père Sang pour sang qui se vendra à deux millions d’exemplaires.
  • Naissance de sa fille Ilona.
  • Naissance d’Emma, sa seconde fille.
  • Le couple se sépare.
  • Second mariage avec Alexandra Pastor et naissance de leur fils Cameron.
  • Collaboration avec Grand Corps Malade.
  • Sortie de son nouvel album Le Temps d’une vie.
  • Tournée à travers la France.
Par Caroline Rochmann. Photos : Stéphanie Slama. - Publié le

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