Horlogerie

Panerai : Au revoir Maestro Bonati

En dix-sept ans à la tête de Panerai, Angelo Bonati a su magnifier l’aura et amplifier les ventes de cette maison. À l’heure où ce CEO quitte ses fonctions, il nous a semblé évident de lui rendre un hommage bien mérité.

Souvent, lorsqu’on évoque l’univers d’un grand horloger, on loue la beauté des modèles développés, les performances des mécanismes proposés , le savoir-faire des artisans qui mettent au monde ces bijoux de précision. En revanche, rarement sont salués ceux qui les pensent, élaborent, sont à la source de ce succès. Peut-être parce que le turnover est trop important, que peu de dirigeants restent longtemps aux commandes d’une marque.

L’un d’eux – resté dix-sept ans dans la même maison – mérite un hommage alors qu’il quitte l’entreprise pour laquelle, avec ses équipes, il a tout donné : Angelo Bonati, le CEO de Panerai. Rendons donc justice à cet homme qui, en élaborant une stratégie novatrice mariant tradition, respect de l’ADN Panerai, innovation et esprit de conquête, a permis, fort d’ambition, de prescience du marché et de ses évolutions, le déploiement de cette signature. Sa vision pertinente et ses choix visionnaires sur l’avenir de l’horlogerie l’ont conduit à voir, concevoir et assurer l’extension de Panerai.

La modestie de cet Italien né en 1951 souffrirait sans doute de tous ses éloges et pourtant, l’analyse de son parcours comme de son travail montrent que ceux-ci sont largement mérités. Sourire sobre, tenue impeccable, propos sur mesure, fine moustache de dandy soigné, le Milanais est entré dans le secteur de l’horlogerie et du luxe au milieu des années 70. Il se fait rapidement remarquer comme Sale Director – chez Trussardi ou Cartier – avant d’être nommé en 2000 CEO d’Officine Panerai. La discrétion qui est la sienne n’empêche pas l’efficacité et l’ambition puisque, sous sa houlette, la marque prend toute sa dimension.

De cette maison purement italienne, dont la notoriété ne dépassait guère les frontières de la Péninsule, bénéficiant d’une formidable histoire liée à la Marine militaire du pays mais proposant des modèles au design atypique, Angelo Bonati a fait un horloger internationalement connu. En dix-sept ans, ce visionnaire a permis que le nombre d’amateurs de Panerai soit largement agrandi sans que l’identité de la maison en pâtisse. Mieux, sa notoriété n’a fait que s’élargir. Car, ancré dans son “italianité” par le style tout en étant devenu une référence technique (les calibres, dont le fameux P.2002, sont conçus, développés et réalisés en interne), l’horloger a pu conquérir de nouveaux aficionados.

« En respectant le passé, nous sommes cohérents avec le style florentin de la marque, a-t-il coutume de professer. Panerai est une technologie suisse, avec un design italien dont les modèles, créés en 1940, sont encore dans l’air du temps. Grâce à la Luminor et la Radiomir, nous sommes identifiés. Ce sont des classiques, rassurants pour la clientèle, mais qui traduisent l’innovation de la maison car riches de détails, matières, sans cesse travaillés, repensés. Au premier coup d’œil on pourrait croire que nos montres se ressemblent, mais si on s’attarde sur les détails aucune n’est égale à l’autre. Nos créations sont identifiables, mais toujours différentes. »

C’est Angelo Bonati qui est à l’initiative de la création de la manufacture Officine Panerai de Neufchâtel, du calibre P.2002 (du P.2003 avec réserve de marche de dix jours, du P.2004 chronographe monopoussoir, du P.2005 avec échappement à tourbillon, du P.9100/R avec compte à rebours régate, de l’automatique P.4000 avec masse oscillante excentrée…), de l’utilisation du Carbotceh, matériau composite à base de carbone, de la collection Bronzo recourant à une matière unique (le bronze, comme son nom l’indique), de la Luminor Due (dont celle de 38 mm et 11,2 mm d’épaisseur présentée au SIHH), de la toute nouvelle Lo Scienziato (avec boîtier en titane imprimé en 3D). Il est aussi à l’origine du Panerai Classic Yachts Challenge, principal circuit de régates dédié aux voiliers classiques et d’époque (la voile l’a toujours passionné) et de l’acquisition d’Eilean, ketch bermudien restauré par Panerai en 2006.

Cela traduit bien l’engagement maison dans la compétition du temps comme dans la mise en valeur de ses origines maritimes. Angelo Bonati a trouvé la recette du succès : authenticité + innovation + continuité, le tout au service de l’exclusivité. Une sorte de martingale que son successeur, Jean-Marc Pontroué, aura à cœur de voir perdurer. Et comme le Français a déjà présidé à l’essor et à la renaissance d’horlogers de prestige, les “Paneristi” applaudissent d’avance à ce changement dans la continuité.

Officine Panerai paris capitale

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Par Thierry Billard. - Publié le

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