Interview

Tommy Hilfiger L'American dream à Paris

Le créateur new-yorkais fête cette année les 30 ans de sa marque de prêt-à-porter et s'offre, à cette occasion, un nouveau flagship dans la capitale. Rencontre avec celui qui symbolise l'American Dream.

Vous venez d’inaugurer un nouveau flagship à deux pas de la place de l’Opéra. Que représente cette nouvelle adresse ?
Elle est entièrement dédiée aux Parisiens. Mon premier magasin sur les Champs-Élysées est plus cosmopolite, attirant de nombreux touristes. Cette enseigne, 43 boulevard des Capucines en face de l’Olympia, est située dans les locaux d’une ancienne banque.

Comment avez-vous imaginé l’aménagement de cet espace de 665 m2 ?
De part l’architecture du bâtiment, la lumière naturelle entre à travers d’immenses fenêtres. Les hauteurs sous plafond sont impressionnantes à cause du style haussmannien du lieu. Il y a de la place, le client peut se balader et voir en un clin d’œil l’ensemble des collections. Je ne voulais pas de petites pièces les unes à la suite des autres.

Pouvez-nous parler de la collection People’s Place Originals que vous lancez dans ce nouveau magasin ?
Elle porte le nom de ma première boutique, en hommage à celle-ci. Mixte, elle est composée de vêtements dont le style mélange les influences rock’n’roll et hippie. J’ai aussi imaginé beaucoup de pièces en denim pour cette ligne.

Étiez-vous destiné à devenir le roi de la “tradition vestimentaire américaine du cool” ?
J’ai fait des débuts modestes dans la mode. À 19 ans, avec 150 dollars en poche, j’ai ouvert la boutique People’s Place dans ma ville natale d’Elmira sur la côte est des États-Unis. J’y vendais des vêtements hippie, des vestes à franges, des pantalons pattes d’éléphant, des bougies et de l’encens. Je faisais tout : du dessin au choix des matières premières en passant par les relations presse, le marketing… Dix ans plus tard, je débarquais à New-York avec la volonté de créer des vêtements au style preppy, accessibles pour le plus grand nombre, de démocratiser la mode en redessinant les classiques et en injectant une bonne dose de style. Et j’ai lancé ma marque en 1985. Depuis tout va bien, je crois !

Quels sont les autres maisons et les créateurs qui forcent votre respect ?
J’ai une grande admiration pour Dior, Monsieur Alaïa et Balenciaga. Je suis très respectueux du travail de Coco Chanel et celui de Karl Lagerfeld – un vrai génie – qui ne cesse de réinventer cette maison de couture. Sans oublier Alber Elbaz pour Lanvin. Et je trouve aussi que Hedi Slimane pour Saint Laurent, ça fonctionne bien. En plus, ma femme adore acheter ses vêtements ! J’oubliais le maroquinier Goyard et le très secret joaillier Jar.

Tommy Hilfiger

On vous sait amoureux de Paris. Quels souvenirs gardez-vous de votre premier séjour dans la capitale ?
Je suis venu dans les années 70 avec un de mes amis pour l’aider à dessiner une collection de jeans. Nous cherchions de nouvelles idées. Nous sommes allés directement explorer le quartier de Saint-Germain puis les Halles et la place des Victoires. Je me rappelle que Paris regorgeait de boutique de jeans et de friperies. J’ai découvert le magasin Halle Capone, fondé par Marithé et François Girbaud, Chipie, Chevignon et Saint Laurent Rive Gauche. Paris a toujours été une source d’inspiration pour moi. Plus tard, quand je suis revenu en Europe et que j’ai observé comment les gens s’habillaient, j’ai trouvé qu’ils étaient très français en France et très italiens en Italie. C’est dur désormais de faire la différence, car nous vivons dans un village mondialisé.

Venant très régulièrement à Paris, quelles sont vos adresses préférées dans la Ville Lumière ?
J’adore aller dîner dans mon restaurant préféré L’Ami Louis et au Stresa pour sa carte italienne. Quand je suis ici, je marche beaucoup, flânant le long des quais du Louvre à Saint-Germain. Je m’arrête au Café de Flore. La ville est magnifique, son architecture est incroyable. C’est très romantique ici aussi ! Et j’avoue aimer faire du shopping à Paris : aller chez Hermès, John Lobb – je suis fan de leurs souliers – et Charvet pour leurs chemises et les propositions quasi infinies de tissus. Une des rares maisons à Paris à rester fidèle à son image et intransigeante sur la qualité de ses produits.

Le livre Memoir sort bientôt aux éditions Random House. Quel en est son contenu ?
Cet ouvrage retrace ma vie. J’ai voulu écrire mes mémoires. De mon enfance jusqu’à maintenant. Petit, issu d’une famille nombreuse et pas très riche, j’étais un mauvais élève. Mes parents ont appris que j’étais dyslexique et qu’il serait plus difficile pour moi de lire et écrire. J’ai dû me battre contre ça. Je me suis tourné vers le monde ultra-créatif du vêtement car j’étais sûr que je pouvais réussir en empruntant cette voie-là.

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Par Fabrice Léonard - Publié le

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