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l’Hôtel de la Marine  Enfin rendu accessible !

Un des joyaux parisiens de l’architecture du XVIIIe siècle est, cette année, rendu accessible au public. Amarré place de la Concorde, l’Hôtel de la Marine restauré par le Centre des monuments nationaux vous invite à découvrir des décors somptueux ornés d’objets et de meubles d’exception rappelant que ce bâtiment fut occupé par le Garde-Meuble de la Couronne sous Louis XV et Louis XVI. Sa visite va dorénavant faire partie des incontournables pour quiconque vogue ou fait escale dans la capitale.

Entre le jardin des Tuileries et les Champs-Élysées, il y avait une vaste esplanade qui ne demandait qu’à devenir une grande place. Ce qui fut fait sous Louis XV. Pièces maîtresses du projet retenu, celui de l’architecte Ange-Jacques Gabriel, deux palais sont bâtis face à la Seine. Séparés par la rue Royale, l’un accueille aujourd’hui l’hôtel de Crillon et le siège de l’Automobile Club de France, l’autre, l’Hôtel de la Marine, ainsi nommé car il a abrité des services du ministère de la Marine de 1789 à 2015. Auparavant, ce superbe édifice de style classique avait été affecté au Garde-Meuble de la Couronne, ancêtre de l’actuel Mobilier National. C’est la mémoire de cet occupant qui est essentiellement réactivée.

Les ajouts les plus visibles frappent les visiteurs dès leur entrée dans le bâtiment. Ils se trouvent dans la Cour de l’Intendant, espace d’accueil du site, maintenant surmontée d’une verrière pyramidale conçue par les architectes Hugh Dutton et Christophe Bottineau, et dont le sol présente un tapis de faisceaux d’éclairage à LED. Au premier étage, la décoration des salons d’apparat, très marquée par la présence de la Marine, date du XIXe siècle. C’est là que se trouvaient les salles d’exposition du Garde-Meuble qui furent, en leur temps, ouvertes au public et où les joyaux de la Couronne ont été volés en 1792 ! Après s’être rendu sur la loggia du monument, qui offre une vue mémorable sur la place de la Concorde, on s’arrête là ou bien on poursuit le tour dans les appartements de style XVIIIe siècle qu’occupaient les intendants de l’administration chargés de la gestion du mobilier et des objets d’art destinés aux demeures royales.

Hôtel de la Marine

2, place de la Concorde www.hotel-de-la-marine.paris/
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Coiffé du “Confident”,un casque audio connecté, on entend des voix de personnages et des bruits d’ambiance, comme s’ils étaient réels, dans chaque espace traversé où l’éclairage indirect participe à créer une certaine atmosphère. « Tout est fait pour que vous profitiez au maximum de ce qui se trouve sur votre parcours », explique Delphine Christophe, directrice de la conservation et des collections du Centre des monuments nationaux. La recherche des meubles et objets d’origine ou d’époque identique, qui proviennent en majorité de dépôts de grandes et petites institutions, de même que la restitution des décors, du moins autant que cela a été possible, a demandé beaucoup de soin et de patience. Divers corps de métiers d’art ont été sollicités, notamment en ce qui concerne les textiles présents sur les murs, les sièges ou sous forme de rideaux.

« Savoir comment étaient décorées et meublées les quatorze salles qui composent les appartements a été plutôt facile, poursuit Delphine Christophe, car nous disposions d’inventaires très détaillés datant de la fin du XVIIIe siècle. De plus, nous avons retrouvé des mémoires rédigés par des artisans. Ce qui a été difficile, par exemple, c’est de retrouver certaines peintures qui avaient été recouvertes, parfois à 18 reprises ! De même, constituer des réseaux électriques, notamment dans les murs ou les sols, s’est révélé être un vrai casse-tête par endroits. Mais il y a eu aussi de belles surprises, comme la découverte du Cabinet doré sous les installations en inox d’une cuisine. C’est l’une des pièces emblématiques de l’Hôtel de la Marine. Elle a retrouvé ses deux cheminées, son décor de damas cramoisi et deux meubles exceptionnels de Jean-Henri Riesener qui l’ornaient : une table mécanique, dite Table des muses, et un secrétaire à cylindre. » À ne pas manquer non plus, entre autres : le Cabinet des glaces. Celles-ci sont peintes de femmes nues qui indiquent le goût pour le libertinage d’un intendant. Cependant, l’épouse de son successeur, plus prude, a fait recouvrir leurs corps d’un voile et transformer leurs visages en têtes de petits angelots joufflus !

À l’automne, le parcours va s’enrichir avec l’ouverture des galeries d’exposition de la Collection Al Thani qui recèle des œuvres d’art datant de l’Antiquité à nos jours. Celles-ci seront montrées au gré d’expos temporaires, la première étant intitulée “Trésors de la Collection Al Thani”. D’autres parties de l’Hôtel de la Marine sont occupées par des bureaux en location, du 2e au 4e étage, ainsi que par l’Académie de Marine et la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Il y a aussi des lieux où se désaltérer et se restaurer, accessibles depuis la Cour d’honneur, comme le café Lapérouse, qui donne sur la place, ou le restaurant dont la carte est signée par le chef Jean-François Piège. Voilà qui complète à merveille l’offre de cet hôtel meublé de luxe !

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Dates-Clé

Dates-Clé

  • Pose de la première pierre.
  • Décision d’installer le Garde-Meuble dans l’hôtel.
  • Installation du ministère de la Marine
  • Départ du Garde-Meuble. Le ministère de la Marine occupe tout le bâtiment
  • Départ de la Marine
  • Début des travaux de restauration et d’aménagement. Maîtrise d’ouvrage : Centre des monuments nationaux. Maîtrise d’œuvre : Christophe Bottineau, architecte en chef des monuments historiques. Scénographie, mobilier neuf, mise en lumière des façades intérieures et du balcon côté place : agence Moatti- Rivière. Aménagement du restaurant : agence Dorothée Delaye. Déco du café : Cordelia de Castellane
  • Ouverture au public
Par Michel Doussot - Publié le
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