Joaillerie

Diamantissime

Au cœur de leurs collections, les joailliers rois du diamant mettent en scène des gemmes d’exception, donnant naissance à des parures raffinées et rares à porter au quotidien.

Emblème naturaliste

Le précieux en héritage

Chaque nouvelle génération a sa vision du précieux. C’est ainsi que Cecily Morris, la petite-fille du joaillier David Morris, qui travaille aux côtés de son grand-père et de son père, signe la collection Triolette pour la Maison familiale. Entièrement imaginée en or jaune et mâtinée de diamants blancs, cette nouvelle ligne puise son inspiration dans la propre collection de bijoux de la jeune femme. « Il m’a semblé naturel de créer une collection qui reflète ma façon de porter mes propres bijoux, avec de nombreux piercings associés à des créoles et des puces, un mélange de bracelets et de bagues portées aux deux mains », explique-t-elle. Boucles d’oreilles, bagues et bracelets rigides s’emboîtent harmonieusement, invitant à la superposition. Chaque pièce est sertie d’un diamant rond et entourée d’un pavé de diamants formant l’une des trois formes géométriques suivantes : ovale, carré ou hexagone. La collection tire son nom de ce trio de motifs emblématiques, qui constituent le fondement visuel et conceptuel de chaque création. Une famille joaillière inédite facile à porter et à superposer au quotidien et réalisée dans la grande tradition de la haute joaillerie britannique.

Depuis 1975, le papillon est un motif cher au joaillier londonien Graff. La Maison chérit cet insecte délicat au travers de bijoux uniques et d’une collection baptisée Butterfly. La symétrie parfaite de ses ailes inspire des joyaux sophistiqués. « Au sein de nos collections de haute joaillerie et de joaillerie fine, chaque courbe, contour ou proportion est étudié avec une précision absolue, explique Anne-Eva Geffroy, la directrice artistique de la Maison. Grâce au savoir-faire d’exception de nos artisans, chaque création prend vie, exprimant le mouvement et la maîtrise technique à travers chacune des ailes. » Ici, les diamants blancs dessinent et structurent les contours de l’insecte sur les bijoux Butterfly Silhouette. Aériens et d’une légèreté toute printanière, ils se posent voire se superposent sur les doigts, les oreilles ou au creux du décolleté. Certaines pièces se parent également de délicats détails floraux. Là, une parure de haute joaillerie donne le ton. Diamants blancs et rubis entament une symphonie naturaliste. Façonnées en or blanc, des ailes de papillon en diamants, chacune portant en son centre un rubis taille marquise, semblent prendre leur envol sur des motifs d’oreille, un collier type choker et un bracelet. La sensation de mouvement est accentuée par un pavage de rubis sous les ailes. Plus loin, un somptueux collier tout en diamants blancs donne l’illusion que les ailes du papillon sont démultipliées presque à l’infini pour donner naissance à une suite qui entoure le cou.

Destination New York

La ville aux gratte-ciel inimitables, berceau du joaillier Harry Winston, ne cesse d’inspirer la Maison. Au cœur de la collection New York, un nouveau récit baptisé 718 Marble Marquetry voit le jour.

C’est l’architecture du salon mythique du 718 Fifth Avenue, inauguré en 1960, qui est le point de départ de ces joyaux inédits. Et plus particulièrement la précision et les contrastes des motifs en marbre noir et blanc du sol de la boutique avec une opulence toute géométrique. Un diamant taille émeraude serti clos est d’abord entouré d’autres diamants afin que sa brillance soit amplifiée. Puis ce motif est ourlé d’une suite de dix gemmes précieuses taille poire.

Harry Winston jour les contrastes en sertissant rubis, saphirs, saphirs roses, diamants jaunes, grenats spessartites ou encore spinelles noirs – ces deux dernières pierres sont peu utilisées dans la grammaire stylistique du joaillier new-yorkais – autour de la pierre blanche aux reflets quasi hypnotiques.

Cette esthétique donne naissance à des motifs d’oreilles, une bague et un collier aux lignes en V en diamants et pierres de couleur. Chacune de ces créations raconte une histoire d’élégance et de savoir-faire.

Question d’équilibre

Le pouvoir de la nature

Depuis 1954, Tasaki n’a cessé d’évoluer pour devenir un joaillier réputé pour la qualité de ses trésors nacrés, la rareté de ses diamants et sa créativité sans limites. Les billes au lustre perçant et aux reflets d’arc-en-ciel, blanches ou noires, aux teintes argentées ou dorées, inspirent de nombreux créateurs. Parmi eux, le créateur de mode Thakoon Panichgul a imaginé les collections Line, Danger et Balance. Lancée en 2010, cette dernière fut immédiatement couronnée de succès et est devenue une des lignes emblématiques du joaillier. Les billes de nacre sont disposées en une ligne droite équilibrée sur une barrette de métal précieux, donnant l’illusion d’être en suspension sur un fil d’or. Ces pièces ont révolutionné l’image des bijoux en perles. En or blanc ou jaune, pavé ou non de diamants scintillants, chaque joyau Balance est un miracle d’épure. Aujourd’hui, de nouveaux designs asymétriques se dévoilent, baptisés Balance Arm Neo et Balance Step Neo. Une ligne en or blanc pavée de diamants avec trois perles est accolée à une seconde avec deux billes nacrées. Une façon d’aller plus loin et de jouer sur une déstructuration moderne.

Le motif à quatre pétales de la collection Lotus imaginé par De Beers s’est hissé au panthéon des grands classiques de la joaillerie. Lancée en 2009, cette ligne s’inspire des contours d’une plante emblématique des paysages d’Afrique australe qui s’épanouit dans le delta de l’Okavango, au Botswana, capable de déployer ses fleurs au lever du soleil pour les refermer le soir venu. Elle revient aujourd’hui avec une écriture plus précise, plus essentielle, plus minimale, s’inscrivant dans le quotidien de chaque femme. Sertis de diamants d’une qualité exceptionnelle taillés en poire ou en rond, pendentifs sur or blanc ou rose, dormeuses ou puces d’oreilles, bagues et pendentifs sont imaginés pour être portés seuls ou en accumulation. Pour souligner cette évolution, le joaillier dévoile une campagne sensible et contemporaine, capturée par l’objectif intimiste d’Anthony Seklaoui et mise en mouvement par Ben Miethke. Photographiée à Londres, une femme franchit le seuil de sa maison du matin au soir et au fil des saisons. La ville évolue, les jours se succèdent, mais elle porte toujours une création Lotus signée De Beers.

La leçon de géométrie de Messika

Le crush de Chanel

Valérie Messika, fondatrice et directrice artistique de sa Maison de joaillerie, dévoile la nouvelle collection Moderniste. « Je joue avec la géométrie et les volumes comme j’ai toujours joué avec les tailles de diamant depuis l’enfance, explique la jeune femme. Pour Moderniste, j’ai suivi mon instinct : les lignes précises et simples de l’architecture des années 1970, des formes qui conservent leur force et traversent le temps. Il en résulte un bijou qui n’appartient à aucune époque en particulier. Une pièce d’une puissance universelle. C’était là toute mon ambition. » Joncs rigides, tours de cou, dont un collier cravate ponctué d’un diamant coulissant, bagues simples ou deux doigts, boucles d’oreilles en forme d’octogone et aux lignes affirmées s’inspirent de l’architecture. Chaque pièce se décline en or jaune, blanc ou rose, brossé, poli, parfois serti d’un diamant blanc ou pavé d’une multitude de gemmes. L’actrice Julianne Moore et le top model Irina Shayk sont les ambassadrices de cette nouvelle ligne, incarnant parfaitement l’intensité qui s’en dégage.

Voilà a dix ans, Chanel Joaillerie dévoilait Coco Crush, une histoire précieuse faisant appel à l’un des codes chers à la grande Mademoiselle : le motif matelassé du sac à main 2.55. Sa version joaillière vit d’abord le jour avec une unique manchette aux volumes généreux. Par la suite, cette ligne séduisit par ses contours à la fois épurés, forts et délicats, doux et quelque peu sévères. L’or est gravé en diagonale, rappelant le célèbre dessin du cuir matelassé des sacs de la griffe. En or beige, jaune ou blanc pavé ou non de diamants, bagues, bracelets forme jonc, boucles d’oreilles et colliers animent cette famille emblématique de Chanel Joaillerie. Aujourd’hui, la Maison écrit un nouveau chapitre Coco Crush en dévoilant des pièces d’une surprenante souplesse. Flexibles, ces nouvelles créations profitent d’une construction ingénieuse d’éléments articulés polis à la main. Deux nouvelles interprétations du format collier – le collier court et le choker – épousent la peau avec une précision sensuelle. Les pièces, subtilement emmaillées, se parent d’une attache coulissante, pour un ajustement et un tombé impeccables. La souplesse devient langage et inspire des boucles d’oreilles qui suivent le mouvement du corps avec légèreté. Transformables, elles se prêtent à une élégance sophistiquée en version longue et apportent une touche rock en version courte. Les nouvelles variations Coco Crush, amples et généreuses, invitent aux portés multiples.

Par Fabrice Léonard - Publié le

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