Interview

Stacy Martin « Je me sens chez moi à Paris »

L’actrice franco-britannique est saisissante en figure émancipatrice dans le film historique Le Testament d’Ann Lee, de Mona Fastvold, aux côtés d’Amanda Seyfried. Un rôle fort pour la comédienne dont la carrière s’écrit depuis plus de dix ans entre Hollywood et l’Europe, avec toujours un ancrage à Paris.

Vous êtes à l’affiche du Testament d’Ann Lee, de Mona Fastvold. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce projet qui croise plusieurs genres cinématographiques, dont celui de la comédie musicale ?

Cela fait à peu près dix ans que je travaille avec Mona Fastvold et le cinéaste Brady Corbet, qui a coécrit le scénario. Il y a cet aspect de troupe que j’aime énormément avec eux. Je ne connaissais pratiquement rien sur Ann Lee [interprétée à l’écran par Amanda Seyfried, ndlr], cette femme qui a fondé le culte religieux des shakers aux États-Unis au XVIIIe siècle. J’ai été à la fois très curieuse et fascinée par son histoire. Dans le film, je joue Jane Wardley, qui a été en quelque sorte son mentor, celle qui lui a permis d’avoir ce destin extraordinaire par la suite. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà connu une expérience similaire en tant qu’actrice. Mona Fastvold et Brady Corbet voulaient intégrer des parties chantées et dansées dans l’histoire, et j’ai donc dû suivre une préparation en amont du tournage avec les autres acteurs du film. C’était la première fois que je préparais un rôle avec une telle dimension physique. Sur le plateau, nous avions conscience que nous faisions un film qui n’avait jamais été vu auparavant.

Votre personnage, Jane Wardley, est très moderne. La première fois qu’elle apparaît à l’écran, il se dégage un charisme évident de cette femme que l’on pourrait presque comparer à un gourou…

Elle représente une possibilité pour Ann Lee et pour d’autres personnes. La possibilité d’exister, de mener et d’inspirer. Avec son mari, elle entend regrouper tous les gens qui se sentent mis de côté et laissés pour compte. Il y a très peu de choses qui ont été écrites sur cette femme, et c’est donc cette part de mystère qui rend ce personnage si fascinant.

Vous partagez l’affiche avec Amanda Seyfried, bluffante en héroïne frappée par la grâce. Quelle partenaire de jeu est-elle ?

C’est une grande bosseuse, mais sans être du genre à être habitée par son personnage pendant toute la durée du tournage. Entre les prises, elle relâchait complètement la pression et prenait du bon temps avec nous. C’est une artiste complète qui nous a tous motivés sur le plateau. Sans elle, le film n’aurait pas eu cette dimension, et le résultat aurait certainement été bien différent.

Depuis vos débuts dans Nymphomaniac, de Lars von Trier, vous avez construit une carrière exigeante, entre blockbusters et films d’auteur, entre cinéma américain et cinéma européen. Qu’est-ce qui guide vos choix en tant que comédienne ?

Ce sont des rencontres avec des réalisateurs, mais aussi des rôles. J’ai toujours peur de la répétition, et j’ai donc à cœur d’essayer des choses différentes d’un film à l’autre. Je me dis que naviguer entre plusieurs genres et plusieurs cinémas, c’est aussi prendre davantage de plaisir comme actrice. Pouvoir passer de Jane Wardley à l’incroyable Daphne Guinness, que je viens d’interpréter dans The Queen of Fashion, d’Alex Marx [prochainement au cinéma, ndlr], est précisément la raison pour laquelle je fais du cinéma.

Vous êtes née à Paris et vous y avez passé une partie de votre enfance et de votre adolescence. Quelle est votre relation aujourd’hui avec cette ville ?

C’est drôle, parce que je ne dis jamais que je viens de France. Quand on me demande d’où je suis originaire, je dis que je viens de Paris. C’est quelque chose de très parisien, finalement.

Plus que dans n’importe quelle autre ville, je me sens chez moi à Paris. J’y ai mes habitudes, et, lorsque je suis loin d’elle, elle me manque. À commencer par ses terrasses. S’asseoir et regarder le ballet des gens dans la rue est quelque chose qui m’apaise et que j’ai malheureusement bien du mal à retrouver ailleurs. La spontanéité de Paris me manque souvent.

Depuis plusieurs années, vous êtes l’une des amies fidèles de la Maison Vuitton. Comment a évolué votre relation avec la marque au fil du temps ?

Je suis toujours émerveillée par l’élégance et la beauté de Vuitton. C’est une Maison qui symbolise une certaine tradition française, un patrimoine dont nous pouvons être fiers. Mais c’est aussi une marque qui a su se renouveler grâce à la modernité de son directeur artistique, Nicolas Ghesquière. Je suis fière d’être associée à un tel empire qui conjugue à merveille le classique et le punk.

D’après Ernest Hemingway, Paris est une fête. Et vous, Stacy Martin, si vous deviez choisir un mot pour définir la ville, ce serait lequel ?

Peut-être “inspiration”. C’est une ville qui inspire ses habitants et ceux venus d’ailleurs. Ici, il y a un vrai art de la conversation, et il y fait bon débattre. Paris continue d’inspirer de longues discussions passionnées !

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Son actualité

  • Le Testament d’Ann Lee, de Mona Fastvold, en salle le 11 mars.
  • The Queen of Fashion, d’Alex Marx, en salle prochainement.
Les bonnes adresses de Stacy Martin

Les bonnes adresses de Stacy Martin

  • Un tout petit restaurant où je commande toujours un bœuf bourguignon accompagné d’un verre de vin rouge. 12, impasse Berthaud, 3e
  • Je viens dans cette minuscule boutique pour y acheter du café d’une qualité incomparable. Quand la place le permet, j’aime aussi le déguster sur place. 36, rue des Blancs-Manteaux, 4e
  • Parmi tous les musées parisiens, j’avoue que cette institution insolite du Marais a ma préférence. 62, rue des Archives, 3e .
  • Je peux passer des heures dans cette boutique où l’on trouve tout le matériel nécessaire pour faire de la peinture. Ils ont des pigments rares. Une merveille ! 3, quai Voltaire, 7e .
  • Mes parents travaillaient juste à côté. J’y ai passé tellement de temps que j’y suis restée attachée. 113, rue de Rivoli, 1er .
  • Pour faire du sport, j’aime beaucoup ce studio de coaching privé qui propose un accompagnement sur mesure. 308, rue Saint-Martin, 3e .
  • Un classique dont je ne me lasse pas. Je trouve toujours fascinant ce mélange de touristes émerveillés et de Germanopratins habitués. 6, place Saint-Germain-des-Prés, 6e .
  • J’ai une vraie passion pour ce lieu singulier qui est à la fois un caviste et un glacier. Deux univers qui n’ont a priori rien en commun, et pourtant le charme opère. 10, rue du Grand-Prieuré, 11e .
  • Un cinéma incontournable pour revoir de grands classiques du septième art ! 51, rue des Écoles, 5e .
Par Antoine Le Fur - Publié le

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