L’Eau et les Rêves, un “café-librairie botanique” amarré quai de l’Oise, dans le 19e.
Et voguent les péniches…
Des DJ sets sur la Seine sont au programme.
Derrière cette nouvelle adresse qui a tout pour devenir incontournable se trouve le groupe Artflux, qui s’est spécialisé dans la création de lieux de vie sur la Seine, qu’ils soient culturels, artistiques ou festifs. « Relier l’art, la culture, l’humain et le fleuve », telle est la devise de ses deux créateurs, Géraud Boursin et Nicolas Laugero Lasserre, qui comptent déjà à leur actif quatre autres embarcations sur la Seine
(Fluctuart pour l’art urbain, Quai de la Photo pour la photographie contemporaine, Le Son de la Terre pour la musique jazz et la Péniche Marcounet pour la scène musicale émergente). Et ça ne s’arrête pas là. En parallèle de l’ouverture de Nanna, le groupe va également proposer à la location, pour des événements privés, la célèbre péniche Sans-Souci, entièrement redécorée pour l’occasion par l’artiste Sébastien Preschoux.
La croisière (avant-gardiste) s’amuse
À l’image des établissements du groupe Artflux, d’autres lieux flottants jouent également la carte de la médiation culturelle. C’est notamment le cas de La Nouvelle Seine, une ancienne péniche Freycinet installée dans le port de Montebello depuis 2013. Sur ce bateau surplombé par Notre-Dame-de-Paris se succèdent des spectacles de jeunes humoristes et des numéros de cabaret.
« Nous nous sommes assez vite positionnés comme une scène émergente sur le plan de l’humour. On a été un peu avant-gardistes, puisque des artistes comme Blanche Gardin, Laurie Peret ou encore Guillaume Meurice ont fait leurs débuts ici », explique Jessie Varin, directrice artistique et cofondatrice de La Nouvelle Seine.
Reconnu pour sa programmation de qualité, le lieu se distingue également par ses résidences gastronomiques de jeunes chefs qui offrent un coup de projecteur aux talents culinaires de demain.
« Comme c’est le cas dans les péniches dites traditionnelles, nous proposons une formule dîner-spectacle. Le cabaret a été pensé en relation avec le restaurant. Grâce à cette offre, nous parvenons à toucher une clientèle assez jeune et parisienne mais également une clientèle familiale et internationale », souligne Jessie Varin.
La Nouvelle Seine, dans le 5e, accueille notamment des spectacles de jeunes humoristes
Une dimension touristique qui tranche avec celle de certaines péniches plus confidentielles, comme L’Eau et les Rêves, amarrée quai de l’Oise, dans le 19e arrondissement. L’endroit se présente comme un “café-librairie botanique”. Un positionnement pointu et qui cible une catégorie bien précise de visiteurs, comme l’explique le propriétaire des lieux, Cyrille Bruneau :
« C’est une péniche qui est ancrée dans son quartier. Bien sûr, des personnes de passage viennent y jeter un œil par curiosité, mais elle est surtout fréquentée par les gens du coin. »
Tirant davantage du côté du lieu de convivialité et de ren- contre plutôt que vers l’attraction touristique, les nouvelles péniches se réinventent et se regroupent pour proposer quelque chose de nouveau aux Parisiens.
« La Nouvelle Seine va s’associer avec les autres embarcations du port de Montebello que sont Le Son de la Terre et Nanna. Plutôt que d’être en concurrence, autant être unis. L’association de nos trois affaires, qui sera baptisée Kilomètre Zéro, en référence à son positionnement géographique, a l’ambition de devenir un lieu de référence pour la culture à Paris », souligne Jessie Varin.
Un concept qui, à n’en pas douter, ne prendra pas l’eau !
Comment l’aventure Artflux a-t-elle démarré ?
Tout a commencé avec l’inauguration de notre premier établissement, Fluctuart, dédié à l’art urbain, en 2019. Il se trouve que ça a marché tout de suite. Puis, après le Covid, nous avons ouvert en l’espace de peu de temps trois nouveaux lieux culturels (Quai de la Photo, Le Son de la Terre et la Péniche Marcounet) qui ont connu le même succès. Ce sont des sites qui vivent de jour comme de nuit. C’est l’un des paramètres qui séduit le plus les Parisiens.
Vous êtes-vous inspirés de modèles qui existaient ailleurs ?
À Paris, nous avons été assez novateurs. Nous étions fascinés par les tiers lieux, ces endroits où la culture est à la portée de tous. C’est d’ailleurs l’une des ambitions premières d’Artflux. Notre petite originalité a été d’installer nos sites directement sur l’eau. Cela donne une ambiance particulière, comme des petites bulles d’utopie au sein desquelles les Parisiens se sentent bien.
Y a-t-il un profil type de visiteurs dans les établissements du groupe Artflux ?
C’est très hétéroclite. L’hiver, nous attirons essentiellement des Parisiens. Mais, dès l’arrivée des beaux jours, le public devient beaucoup plus international grâce aux touristes, qui sont massivement revenus dans la capitale. En tout, nos lieux accueillent 1 million de visiteurs chaque année. Nous en sommes évidemment très fiers.
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