Evénement

Île Seguin L’art prend le Large !

Longtemps associée aux chaînes de montage de Renault, l’île Seguin s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Là où battait autrefois le cœur de l’industrie française s’élève désormais le Large, un centre d’art contemporain qui entend dépasser le modèle muséal traditionnel pour devenir un véritable lieu de création, de rencontre et de transmission. Une ambition portée par sa directrice générale, Paula Aisemberg, qui nous en dévoile les contours.

Plus qu’une ouverture, c’est une transformation du paysage culturel du Grand Paris qui se joue sur l’île Seguin. Porté par le Groupe Emerige et Laurent Dumas, son président fondateur, le Large, situé au cœur du vaste projet de la Pointe des Arts, ne se résume pas à un nouveau bâtiment. Il s’inscrit dans une ambition plus vaste : faire de l’île Seguin une destination où architecture, création, paysage, cinéma, musique et art de vivre dialoguent naturellement.

Large, Cultures Contemporaines

Pointe des Arts, Quai Georges Gorse, Boulogne-Billancourt, France www.large-emerige.fr/
Voir l’itinéraire

« Ouvrir un nouveau lieu est une formidable responsabilité. C’est la possibilité de donner à voir et de partager avec le public les artistes que l’on souhaite soutenir et défendre. Notre ambition est que ce public soit justement… le plus large possible », confie Paula Aisemberg, la directrice générale du Large – qui fut aussi la directrice de Maison Rouge, fondation créée à l’initiative d’Antoine de Galbert à Paris.

Cette volonté d’ouverture irrigue tout le projet. Ici, l’art contemporain ne s’adresse pas aux seuls initiés. Les jeunes, les familles, les habitants de Boulogne, les amateurs éclairés comme les simples curieux sont invités à s’approprier les lieux. Gratuité jusqu’à 26 ans, espaces accessibles sans billet, ateliers pour enfants, café panoramique, librairie, agora et terrasses végétalisées composent un centre d’art pensé comme un espace de rencontres autant que d’expositions.

« Nous voulons créer un lieu accueillant, où l’on revienne deux fois par an parce que chaque exposition sera une découverte. Le succès, ce sera qu’un adolescent des Hauts-de-Seine, une famille de Boulogne ou un touriste new-yorkais aient tous envie de revenir », poursuit Paula Aisemberg.

Paula Aisemberg, la directrice du Large, souhaite créer un lieu accueillant où les visiteurs aient envie de revenir.

Une œuvre architecturale

Une philosophie qui prend corps dans une architecture spectaculaire signée RCR Arquitectes, lauréats du prix Pritzker 2017. Leur premier bâtiment du Grand Paris se découvre comme une expérience sensorielle : jeux de lumière, volumes qui se contractent puis s’ouvrent soudain sur le paysage, longues perspectives vers la Seine, circulation presque chorégraphiée. Ici, le visiteur ne traverse pas seulement un musée ; il explore une œuvre architecturale.

« Les architectes ont imaginé un véritable parcours, souligne la directrice du lieu. Dès que l’on franchit la porte, on commence déjà la visite. Avant même d’entrer dans les galeries, on découvre des œuvres, des espaces de vie, des terrasses. On peut venir simplement prendre un café, puis un autre jour décider de visiter une exposition. »

Cette attention portée au public se situe justement au cœur de la démarche de Paula Aisemberg : défendre la scène française dans toute sa diversité, des artistes émergents aux grandes figures des XXe et XXIe siècles, tout en invitant les meilleurs commissaires internationaux à concevoir les expositions.

« Notre rôle n’est pas d’imposer une signature curatoriale unique, affirme-t-elle. Nous voulons inviter des commissaires qui apportent à chaque projet un regard différent, avec une exigence scientifique forte, mais toujours accessible. »

Un héritage industriel à découvrir

Pour inaugurer le Large, la direction a confié à Cecilia Alemani, commissaire de la Biennale de Venise 2022, l’organisation d’une exposition consacrée à la mémoire de l’île. “Moteur imaginaire” réunit plus de 120 œuvres, dont dix-sept commandes inédites, autour de l’héritage industriel de Renault. Des chefs-d’œuvre historiques dialoguent avec des créations contemporaines pour interroger les liens entre l’homme, la machine, le travail et les mutations de notre société.

« Nous voulions commencer par raconter l’histoire de cette île, explique Paula Aisemberg. Grâce au partenariat avec le Fonds Renault pour l’Art et la Culture, cette exposition rend hommage à l’aventure industrielle, mais aussi à l’aventure humaine de celles et ceux qui ont fait vivre ce lieu pendant des décennies. »

Avec ce nouveau centre d’art, la Pointe des Arts continue de transformer l’île Seguin en un véritable quartier culturel. Parc de sculptures, Seine Musicale, cinéma, restaurants, hôtel et futurs accès fluviaux dessinent une destination appelée à devenir une étape entre Paris et Versailles.

« Nous voulons faire de l’île Seguin une île de culture et de loisirs. On pourra venir y pique-niquer, visiter une exposition, écouter un concert, voir un film, boire un verre en terrasse. Nous travaillons même à une arrivée en bateau depuis le centre de Paris. Nature et culture seront ici mises à l’honneur », conclut Paula Aisemberg.

Mohamed El Khatib, R12 cathédrale, 2026.

Monira Al Qadiri, Orbital 2, 2022. Œuvres présentées dans le cadre de l’exposition inaugurale “Moteur imaginaire. Des chefs-d’œuvre de la collection Renault aux artistes d’aujourd’hui”.

Informations pratiques:

  • Exposition inaugurale : “Moteur imaginaire.
  • Des chefs-d’œuvre de la collection Renault aux artistes d’aujourd’hui” du 17 octobre au 7 mars 2027.
Par Anne Kerner - Publié le

Vous aimerez sûrement les articles suivants…

Rejoignez-nous sur Instagram Suivre @ParisCapitale