Bund, la Chine à la sauce japonaise
À deux pas de la Bourse, là où le costume gris déjeune en pilote automatique, une table vient enrayer la routine. Le pari de Bund ? Une cuisine chinoise contemporaine signée… par un chef japonais. Ryuya Ono, déjà aux manettes de Magma, passé par Osaka, Lyon et quelques maisons parisiennes de haut vol – dont la double étoilée Table de Bruno Verjus –, relit les classiques populaires chinois à sa manière : précision de chirurgien, générosité de tablée. Le grand écart, mais sans jamais forcer la note.
Côté déco, salle feutrée et lignes nettes : assez chic pour le déjeuner d’affaires, assez cosy pour le dîner entre amis (ou en tête-à-tête). Le midi, ça brasse ; l’après-midi, le lieu se met en pause salon de thé, îlot de calme au milieu du vacarme parisien ; le soir, la lumière baisse, et la clientèle – chic, connectée, moitié gourmets d’Asie contemporaine, moitié curieux du quartier – prend ses aises.
Dans l’assiette, on partage et on joue le contraste. Sauces et tofu sont maison, et ça se sent : les équilibres sont réglés au millimètre. Le porc aigre- doux donne la réplique à un cabillaud vapeur aux feuilles de moutarde, un porc Tompolo escorté de tourteau ou une cervelle deveau façon mapo tofu. Plus haut sur la carte, le canard laqué concombre-caviar et le lieu jaune sauce XO résument tout : une cuisine qui emprunte plusieurs pistes sans jamais perdre le fil.
Les amateurs de vins nature ont de quoi trinquer, sélection taillée pour des saveurs droites. Et, en clôture, mangue-pamplemousse, tapioca et lait de coco prolongent le voyage pile comme il faut. Verdict : un regard neuf, sensible et sacrément maîtrisé sur la cuisine chinoise contemporaine à Paris.
Informations pratiques:
- 12 h à 14 h et 19 h à 21 h 30
- Salon de thé de 15 h à 18 h
- Fermé dimanche et lundi
- Prix moyen : 60 €
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