Parfums

Annick Goutal L’art de la parfumerie d’auteur

La Maison Annick Goutal, connue pour ses fragrances généreuses, sophistiquées, séduisantes et inspirées, renoue avec la magie des émotions olfactives.

C’est l’histoire d’un renouveau. Celui d’Annick Goutal, une des plus emblématiques Maisons françaises de parfums. L’aventure débute à Paris en 1981, lorsqu’une jeune femme à la spectaculaire beauté brune lance sa marque de parfums et ouvre une boutique rue de Bellechasse, sur la Rive Gauche. Elle s’appelle Annick Goutal. Rien ne la prédestinait à embrasser l’univers des senteurs.

Pianiste chevronnée sortie du conservatoire de Versailles, mannequin à Londres puis antiquaire, elle se découvre une passion pour les fragrances lorsqu’elle rencontre par hasard un parfumeur à Grasse, qui va l’initier aux secrets des odeurs et des compositions olfactives. Le succès est très rapidement au rendez-vous, car Annick Goutal se démarque, créant des parfums authentiques, poétiques, frais ou plus charnels, nés à partir d’émotions, de rêves et de souvenirs ou inspirés par des êtres aimés ou des figures historiques, bien loin des plans pour cadrer la création et des tests marketing pour s’assurer que le résultat final plaira au plus grand nombre. Seuls l’intuition et le plaisir ressenti comptent.

Annick Goutal

16 Rue de Bellechasse, 75007 Paris, France www.annickgoutal.com/
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Annick Goutal

12 Place Saint-Sulpice, Paris, France www.annickgoutal.com/
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Parmi les grands best-sellers de la Maison, citons Eau d’Hadrien – son nom fait écho aux Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar, dont la lecture inspira Annick Goutal lors d’un séjour en Toscane –, qui sera porté par François Mitterand, Eau de Camille et Petite Chérie, créés pour sa fille, Grand Amour, inspiré par son deuxième mari, le violoncelliste Alain Meunier, ou encore Sables, imaginé à partir des souvenirs d’un été lumineux et chaleureux en Corse. On lui doit également l’Eau de Bonpoint, la première senteur pour bébé.

L’univers d’Annick Goutal séduit aussi par une esthétique propre et affirmée. Flacons, charte graphique et aménagement des boutiques renvoient à l’univers raffiné des antiquaires ou à celui d’un boudoir intimiste qui fleurent bon l’authenticité, le temps qui passe, l’intemporalité et la délicatesse.

À sa disparition, en 1999, Annick Goutal laisse derrière elle un héritage olfactif poétique inoubliable. Son approche libre et visionnaire continua d’inspirer sa fille Camille, parfumeuse qui reprit un temps l’œuvre de sa mère avec Isabelle Doyen, qui fut le nez maison et l’associée de toujours d’Annick Goutal, avant de suivre sa propre voie créative. Dans le même temps, la société changea deux fois d’actionnaires.

Aujourd’hui, sous l’impulsion du groupe Interparfums, son nouveau propriétaire, la Maison retrouve son nom d’origine – il fut un temps simplifié pour devenir Goutal – et renoue avec cet univers olfactif typiquement français, à la fois artisanal, chic et poétique, qui fit son succès.

Annick Goutal se concentre désormais sur ses dix fragrances emblématiques (Eau d’Hadrien, Petite Chérie, Rose Pompon, Le Temps des Rêves, Un Matin d’Orage, Sables, Ambre Sauvage, Encens Flamboyant, Tenue de Soirée et Musc Nomade) en attendant deux nouvelles créations, l’une féminine, Vanille des Roches, composée par Coralie Spicher, et l’autre mixte, Voile de Santal, imaginée par Romain Almairac, qui verront le jour en octobre prochain.

Les flacons ont été subtilement revisités. Le modèle plissé “couture”, surmonté du célèbre nœud, en référence à l’enfance d’Annick Goutal, qui nouait des sachets de friandises dans la boutique de son père, conserve son allure iconique, reconnaissable à son verre godronné et à son capot doré, mais se déploie dans des proportions plus généreuses et plus structurées. La couronne de lierre, emblème historique de la Maison, entoure l’étiquette avec un dessin affiné.

La bouteille des parfums mixtes adopte une ligne architecturale et épurée. L’univers graphique s’appuie sur des codes reconnaissables issus de l’histoire de la Maison (le papillon, le lierre, le colibri), réaffirmés et redessinés.

Le logo “Annick Goutal Paris” et le monogramme “AG” retrouvent une place centrale dans une écriture contemporaine.

Trois questions à Philippe Bénacin,

président d’Interparfums

Par Fabrice Léonard - Publié le

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