Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à Álvar Núñez Cabeza de Vaca ?
Alexis Moncorgé : Je suis fan d’histoire et de voyages. Les Conquistadors espagnols m’intéressaient. Et Cabeza de Vaca est un perdant magnifique. Un noble espagnol parti conquérir l’Amérique, et qui y a découvert tout autre chose. On ne connaît de lui que son Rapport à Charles Quint publié en 1542, alors le reste, je l’ai imaginé…
Pourquoi est-il si fascinant pour vous ?
Alexis Moncorgé : Parce que son périple (il a marché huit années entre le Texas et Mexico) était exceptionnel et qu’il n’était pas comme les autres. Il avait une vraie fascination pour les Indiens que l’on massacrait. Son Eldorado à lui, ce n’est pas la ruée vers l’or. Sa conquête, c’est une richesse plus grande encore : la quête de soi.
Vous jouez dix personnages différents avec maestria. Votre jeu très physique, la voix parfois éraillée et râleuse, fait aussi penser à votre grand-père, Jean Gabin. A-t-il compté dans votre vocation ?
Alexis Moncorgé : À vrai dire, ce n’est même pas sûr, et je n’y pense pas trop. On me relie sans cesse à Jean Gabin, mais je ne l’ai pas connu (N.D.L.R.: Gabin est mort dix ans avant la naissance d’Alexis) J’essaie de tracer ma route de mon côté, même si je sais d’où je viens…
Cela fût-il facile pour vous de débuter dans ce métier ?
Alexis Moncorgé : Mais non, bien au contraire. J’ai été garçon de café pendant cinq ans pour gagner ma vie. J’ai choisi une route escarpée, loin des privilèges des théâtres subventionnés. Je ne suis pas un mondain, mais je suis très sociable. Je vais où le vent me porte, les pieds bien arrimés et la tête dans les nuages. Je suis le terrien qui a toujours besoin d’être ailleurs…




