Lampe végétale Kodama, créée par Amaury Gallon, fondateur de la société, entre cellule et goutte d’eau.
Florian Dejoie « Le végétal souligne le mouvement architectural »
Quelle est la particularité de Jardins de Babylone ?
Nous détenons un brevet pour l’étanchéité de nos façades végétalisées ; notre procédé permet d’amener l’eau sur le mur tout en le conservant sec. Grâce à l’utilisation de matériaux supports recyclés et recyclables – métal et plastique – qui ont des caractéristiques prévisibles dans le temps, contrairement aux matériaux organiques, nos installations sont pérennes.
Cette technique permet-elle l’installation de murs végétaux intérieurs ?
Tout à fait. Nous concevons aussi des murs de végétaux stabilisés, qui utilisent de vraies plantes, comme fossilisées. C’est une forme de taxidermie de la plante, figée dans sa plus belle expression. Ce n’est pas une méthode récente, elle a été développée dans les années 1960, mais elle refait surface depuis quelques années. C’est sur ce volet que notre dimension de paysagistes designers apporte sa valeur ajoutée. On vient reconstituer quelque chose, un être vivant, mais cela se travaille moins comme un végétal que comme une matière, une texture.
Comment intervenez-vous ?
La plupart de nos réalisations sont uniques et sur mesure, elles sont le fruit d’un projet appréhendé dans sa globalité. Qu’il s’agisse de la création d’une œuvre ou d’un aménagement spécifique pour un siège social, une marque, un hôtel ou une boutique, un événement ou un projet de particulier, nous déclinons une diversité de propositions: murs horizontaux, verticaux, extérieurs, intérieurs, stabilisés, terrasses et rooftops paysagés.
Quels sont vos projets ?
Nous voulons avancer sur le sujet du design végétal, car on sent une demande du public de plus en plus forte pour des objets de ce type, à l’image de nos luminaires végétaux réalisables à la demande. Notre plus-value est de concevoir du sur-mesure. Nous pouvons répondre à toutes les demandes particulières.
Avez-vous l’impression de transformer Paris ?
C’est un peu l’essence de notre métier : poser notre empreinte sur la ville, faire cohabiter patrimoine végétal et patrimoine architectural, ramener la biodiversité en réintégrant des essences locales du bassin parisien, en installant des nichoirs et hôtels à insectes sur nos façades végétalisées. L’architecture a toujours eu pour vocation de repousser les conditions climatiques extérieures le plus loin possible de l’habitation. Notre activité va donc à l’encontre de cette philosophie, puisque nous les invitons sur l’habitat, tout en préservant l’intégrité du bâtiment. Mais notre rôle consiste aussi à souligner le trait des architectes, le mouvement du bâti.
Quels sont vos projets les plus fous ?
Les marques nous sollicitent pour des projets exceptionnels, des collaborations, des éditions limitées. Parmi les choses les plus insolites, je pense à une collaboration avec Häagen-Dazs, qui nous avait mandatés pour réinterpréter deux parfums de glace pour ses boutiques. Tout en réinventant le graphisme des pots, nous avons créé un réceptacle en forme de noisette dans lequel ils s’inséraient, accompagné pour chaque client d’un sachet de graines rappelant les parfums des glaces. En plastique biodégradable, il pouvait être mis en terre avec les graines après son utilisation. Le message de la marque était clair : ce que l’on prend à la terre, on le redonne à la terre.
La façade végétalisée du Musée du Quai Branly, créée à l’origine par Patrick Blanc, reçoit les bons soins de Jardins de Babylone.
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