Interview

Ana Girardot : la Nouvelle Vague du cinéma

Lorsqu’elle n’est pas sur les plateaux de tournage, Ana Girardot organise des festivals. Co-fondatrice de « Nouvelles Vagues » dont la quatrième édition se tient à Biarritz du 23 au 28 juin, l’actrice française se livre sur les enjeux de cet événement incontournable du début d’été et ses envies de cinéma.

Vous êtes l’une des co-fondatrices du festival « Nouvelles Vagues » de Biarritz aux côtés de Jérôme Pulis-Etchevers et Anne-Florence Schmitt, dont la quatrième édition se tient du 23 au 28 juin. Quel bilan tirez-vous des trois premières années ?

Nous en sommes très fiers. Dès le début, nous avons senti que nous tenions quelque chose avec cette thématique de la jeunesse qui est l’ADN du festival. Nous avions envie d’entendre la jeunesse, lui tendre la main. Une fois que cet angle précis avait été posé, trouver des partenaires ou s’associer avec des professionnels a été finalement assez limpide. Je crois beaucoup à la manière dont la jeunesse, et donc les réalisateurs, peuvent réinventer le cinéma. Le septième art est arrivé à une période de renouvellement et c’est dans cette brèche que « Nouvelles Vagues » souhaite s’engouffrer. 

Vous y êtes notamment maîtresse de cérémonie sur les soirées d’ouverture et de clôture, tout en animant par ailleurs des rencontres et des ateliers. Qu’avez-vous appris de cet exercice que l’on imagine être assez différent de votre métier de comédienne ?

J’ai appris tellement de choses sur ce festival. Par exemple, je n’avais jamais travaillé auparavant dans un bureau. Par ailleurs, c’est très enrichissant de collaborer avec des personnes venues d’horizons divers que ce soit Jérôme Pulis-Etchevers, que j’avais déjà rencontré à l’époque où il travaillait chez Dior Parfums ou Guillaume Pépy, qui est l’ancien directeur de la SNCF. À côté de ces personnes mais aussi des autres collaborateurs (Anne-Florence Schmitt, Rosalie Varda, Elisha Karmitz…), j’ai finalement appris à me sentir davantage légitime.

 

Y a-t-il eu des moments particulièrement marquants pour vous au cours de ces trois premières années de « Nouvelles Vagues » ?

Il y a eu des rencontres qui ont été importantes. Pouvoir accueillir des talents internationaux comme Sofia Coppola ou Keira Knightley restent des souvenirs inoubliables. Je me souviens aussi du cinéaste iranien Saeed Roustayi qui était président du jury lors de la première édition. Lorsqu’il est retourné en Iran, il a été menacé de ne plus pouvoir travailler et de quitter le pays. Son sort a ému deux membres du jury qui vivaient alors à Los Angeles, Francesca Scorsese (fille de Martin Scorsese, ndlr) et Noah Centineo. Tous deux se sont battus, en mobilisant leurs réseaux, pour que sa situation soit mise en lumière. J’ai trouvé que c’était un geste fort et cela m’a vraiment convaincu qu’il fallait écouter la jeunesse puisque Francesca (Scorsese, ndlr) et Noah (Centineo, ndlr) avaient alors moins de trente ans.

Pour ce cru 2026, quels vont être les enjeux importants ?

Je pense que cette édition 2026 va être incroyable. À commencer par la venue de Xavier Dolan qui va parler de son travail de cinéaste. Cela fait plusieurs années que nous ne l’avons pas entendu à ce sujet et nous sommes donc particulièrement excités à cette idée. Parmi les autres venues importantes, il y a évidemment Kristen Stewart qui est la présidente du jury des longs-métrages cette année mais aussi Marion Cotillard, dont c’est la première fois à « Nouvelles Vagues ». Nous avons également une journée consacrée à la place de l’Intelligence Artificielle dans le monde du cinéma. Je suis assez curieuse de voir comment le public va réagir aux conférences sur cette avancée qui bouleverse de nombreux domaines, à commencer par le septième art.

« Le plus important est de garder notre spécificité »

En seulement quelques années, « Nouvelles Vagues » est devenu l’un des festivals de cinéma les plus importants en France. Comment comptez-vous le faire évoluer à l’avenir ?

Le plus important est de garder notre spécificité. Il est important de ne pas s’uniformiser par rapport aux autres festivals de cinéma qui finissent, pour la plupart, par se ressembler. En ce qui me concerne, j’adorerais que l’on puisse accueillir de jeunes scénaristes comme l’Américain Seth Rogen que j’aime beaucoup. Ce ne sont pas seulement des célébrités mais bien des professionnels qui véhiculent des idées et qui ont une vraie vision du cinéma. Ils inspirent et je pense que c’est ce qui fait le succès du festival. « Nouvelles Vagues » est une manifestation inspirante et doit continuer à le rester.

En tant que comédienne, quels sont les cinéastes avec lesquels vous aimeriez travailler ?

Il y en a beaucoup (rires) ! Chez les réalisatrices, j’aime beaucoup l’univers de Rebecca Zlotowski. Du côté des hommes, je suis une inconditionnelle du cinéma de Jacques Audiard et Arnaud Desplechin, deux auteurs immenses. Mais je garde un œil sur la nouvelle génération et, à ce titre, je dois dire que je suis particulièrement admirative du talent des frères Ludovic et Zoran Boukherma ou Nathan Ambrosioni qui est d’ailleurs membre du jury cette année.

Son actualité

  • Festival « Nouvelles Vagues » à Biarritz, du 23 au 28 juin
  • Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi, en salles le 7 octobre
  • Rallye 82, diffusion sur HBO Max à l’automne 2026
  • Baron Noir (Saison 4), diffusion sur Canal + en janvier 2027
  • Fantômas – Le nouveau monde de Frédéric Tellier, en salles le 10 février 2027
Les adresses fétiches d’Ana Girardot

Les adresses fétiches d’Ana Girardot

  • Tout simplement mon restaurant préféré à Paris. Une délicieuse cantine japonaise où je me régale de bentos et de nouilles udon. Je ne m’en lasse pas ! (10, rue Saulnier, 9e)
  • Le lieu idéal pour prendre un verre et ne pas avoir l’impression d’être à Paris. Son cadre verdoyant et perché en plein Montmartre est unique en son genre. Dans mes fantasmes les plus fous, c’est ici que je souhaiterais habiter. (23, avenue Junot, 18e)
  • Je m’y rends aussi bien pour la qualité des expositions proposées que pour l’architecture du bâtiment qui m’émerveille à chaque fois. Je pense d’ailleurs que c’est mon monument préféré à Paris. (Avenue Winston-Churchill, 8e)
  • Le Jardin du Luxembourg – L’endroit n’a presque pas bougé depuis mon enfance. Il y a les mêmes balançoires et le même manège où j’allais lorsque petite. Désormais, j’aime y emmener mes enfants. (Place Edmond-Rostand, 6e)
  • Une librairie incontournable de la Rive Gauche où je pourrais passer des heures. Les libraires sont toujours d’excellents conseils et je ressors souvent les bras chargés de jolies trouvailles. (174, boulevard Saint-Germain, 6e)
  • Ce n’est peut-être pas le cinéma le plus beau, esthétiquement parlant, mais je suis toujours sûr d’y trouver mon bonheur en raison du nombre impressionnant de salles. La 10 reste d’ailleurs ma préférée ! (7, place de la Rotonde, 1er)
  • Pour des soins de la peau qui frôlent la perfection, c’est ici que ça se passe. Un tel moment de relaxation au sous-sol de l’Hôtel Costes suffit à me recharger les batteries pour longtemps. (7, rue de Castiglione, 1er)
  • J’ai une vraie passion pour cette friperie de quartier qui regorge de merveilles. J’y fais régulièrement un créneau lorsque je vais chercher mes enfants à l’école. (11, rue des Petites Écuries, 10e)
  • J’ai mes habitudes dans cette institution à deux pas du Louvre. Pour moi, c’est tout simplement la meilleure terrasse de Paris. (6, rue de l’Amiral de Colligny, 1er)
  • Pour admirer le plus beau coucher de soleil de Paris, je recommande chaudement la terrasse de ce restaurant bien connu de l’île Saint-Louis. (1, rue des Deux Ponts, 4e)
Par Antoine Le Fur - Publié le

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