Roxane Stojanov Une Étoile à Paris
Vous êtes actuellement à l’affiche de La Dame aux camélias, de John Neumeier, au Palais Garnier, où vous interprétez les rôles de Prudence et de Manon. Que représente ce ballet pour vous ?
Il se trouve que c’est le premier ballet sur lequel j’ai été distribuée lorsque j’ai intégré le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris en 2013. J’avais 18 ans. Au début, je l’ai surtout vu depuis les coulisses, puisque j’étais seulement remplaçante. Mais, quelques années plus tard, en 2018, il a été repris, et j’ai alors eu l’opportunité de danser sur scène dans le rôle de Prudence. D’une certaine manière, j’ai un peu l’impression que La Dame aux camélias a suivi mon parcours personnel ainsi que ma propre évolution au sein de l’Opéra de Paris.
Votre actualité, c’est aussi un autre ballet mythique, La Bayadère, de Rudolf Noureev, dans lequel vous tiendrez le rôle de Gamzatti à partir de fin juin à l’Opéra Bastille. Pouvez-vous nous en parler ?
J’ai une grande passion pour ce ballet qui est moderne tout en étant empreint d’un certain académisme, avec ce respect des codes du ballet classique. Comme La Dame aux camélias, c’est une œuvre sur laquelle j’ai énormément dansé lorsque j’étais dans le Corps de Ballet. Il se trouve que j’avais déjà interprété le personnage de Gamzatti lorsque je venais d’être promue Première Danseuse. Reprendre un rôle que l’on a déjà tenu est toujours une expérience intéressante.
Le 28 décembre 2024 a été une date particulièrement importante dans votre carrière, puisque c’est ce jour-là que vous avez été nommée Danseuse Étoile de l’Opéra National de Paris à la suite de la représentation de Paquita, de Pierre Lacotte, où vous teniez le rôle-titre. Quels souvenirs gardez-vous de cette soirée ?
C’était quelque chose de totalement inattendu. J’avais seulement deux dates sur ce ballet, dont une qui avait été annulée à cause d’une grève. Je ne pensais vraiment pas que j’allais avoir une telle nomination ce soir-là. Je n’avais que la technicité redoutable de cette œuvre en tête, puisque Paquita est l’un des ballets les plus éprouvants du répertoire classique. Alors, lorsque j’ai appris cette magnifique nouvelle, la surprise n’en était que plus belle. Ma famille et mes amis proches étaient dans la salle. Je ne pouvais pas rêver mieux.
Vous êtes née dans le Gers d’une mère française et d’un père macédonien. D’ailleurs, vous avez passé une partie de votre enfance à Skopje, en Macédoine du Nord. À cette époque, quelle image aviez-vous de l’Opéra National de Paris ? Était-ce déjà un rêve pour vous ?
Je n’en connaissais pas du tout l’existence ! (Rires) En fait, je n’en avais jamais entendu parler. J’ai commencé la danse en Macédoine du Nord à l’âge de 6 ans, et ce n’est que quelques années plus tard, lorsque nous nous sommes installés en Belgique, que j’ai commencé à connaître l’histoire de l’institution. J’ai tenté l’audition pour rentrer à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, et j’ai été prise. J’avais 12 ans, et ma vie a totalement basculé à ce moment-là.
Vous avez été à l’initiative, en avril, d’un tout nouveau prix, le Prix Roxane Stojanov, à Skopje, qui s’adresse à de jeunes danseurs. Quel bilan tirez-vous de cette première édition ?
Je suis particulièrement ravie, puisqu’il s’agit du tout premier concours national de danse en Macédoine du Nord. J’ai découvert de vraies personnalités, un travail incroyable et un excellent niveau. La lauréate de ce concours va venir passer une semaine d’immersion artistique à Paris en juillet pour assister à des cours, des spectacles et des rencontres dans le milieu de la danse. C’est une expérience qui peut lui servir pour la suite et lui offrir de belles opportunités. Symboliquement, je suis très heureuse de pouvoir faire un pont entre mes deux pays, la France et la Macédoine du Nord.
Vous êtes également la marraine de la toute première édition des Nuits Étoilées, un festival qui mêle opéra, ballet et musique classique et qui se tiendra dans le Grand Jardin du Ritz Paris du 13 au 15 juin. Avez-vous des attentes particulières par rapport à cet événement ?
J’ai hâte ! Je connais Frédéric Fontan [le directeur artistique de l’événement, ndlr] depuis de nombreuses années, et nous avons déjà eu l’opportunité de travailler ensemble sur plusieurs projets. Il a vu mon évolution et il connaît mon goût pour les expériences insolites. En parlant d’événement atypique, je dois dire que je suis particulièrement servie avec ce festival, puisque c’est une opportunité unique de danser en extérieur dans ce magnifique écrin qu’est le Grand Jardin du Ritz Paris.
Cela fait douze ans que vous vivez à Paris. Quel rapport entretenez-vous avec cette ville ?
C’est une ville magnifique. Je suis toujours très contente de voir du pays lorsque je pars en tournée, mais, quand je reviens à Paris, je mesure la chance incroyable que j’ai d’y vivre. En tant que Montmartroise, je m’émerveille encore de tous ces petits recoins et coins insolites ici et là. Je pense pouvoir dire que je suis une vraie amoureuse de Paris.
D’après Ernest Hemingway, Paris est une fête. Et vous, Roxane Stojanov, si vous deviez définir la ville en un mot, ce serait lequel ?
Je dirais “énergisante”. C’est une ville qui bouillonne en permanence, qui demande beaucoup d’énergie mais qui nous stimule finalement plus qu’elle ne nous écrase.
Son actualité:
- La Dame aux camélias, de John Neumeier, au Palais Garnier, jusqu’au 20 mai
- Les Nuits Étoilées au Ritz Paris, du 13 au 15 juin
- La Bayadère, de Rudolf Noureev, à l’Opéra Bastille, du 21 juin au 2 juillet
- Les Rencontres Musicales d’Évian (Haute-Savoie), le 5 juillet

Les bonnes adresses de Roxane
- Mon parc préféré à Paris. Il y règne une certaine quiétude alors que l’on est en plein cœur de la ville. Lorsque j’ai besoin de me ressourcer entre deux répétitions, c’est ici que je viens. 113, rue de Rivoli, 1er
- J’ai l’habitude de me rendre dans ce café, à deux pas de l’Opéra. J’aime y aller le temps d’une pause pour déguster l’une de leurs délicieuses pâtisseries. 85, rue Saint-Lazare, 9e .
- Un endroit où j’aime beaucoup aller, surtout en été. On y déguste des classiques de la cuisine française dans une ambiance de village. Je ne m’en lasse pas ! 83, rue Lepic, 18e .
- Certainement l’un des musées les plus atypiques de Paris. J’apprécie autant le lieu que la programmation de qualité, à l’image de l’exposition “Adya & Otto van Rees. Au cœur des avant-gardes”, que j’ai récemment découverte. 12, rue Cortot, 18e.
- La vraie librairie de quartier ! J’habite à côté et je m’y rends de temps en temps pour faire le plein de lectures 5, rue Tardieu, 18e.
- Mon cinéma de prédilection, où je suis toujours sûre de découvrir un bon film. 140, boulevard de Clichy, 18e.
- Un concept-store idéal lorsque je dois trouver des idées de cadeaux. On y trouve des vêtements, des bijoux, des accessoires… Impossible de repartir les mains vides. 24, rue La Vieuville, 18e .
- J’ai une véritable passion pour cet endroit incroyable qui propose des massages du visage personnalisés. C’est bien simple, je m’endors chaque fois. 4, rue Gaston-Couté, 18e .
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