Ana Girardot Le cinéma d’une Parisienne
Aux côtés de Jérôme Pulis-Etchevers et Anne-Florence Schmitt, vous êtes l’une des co-fondatrices du festival Nouvelles Vagues de Biarritz dont la quatrième édition s’est tenue du 23 au 28 juin. Quel bilan tirez-vous de ces quatre premières saisons ?
Nous en sommes très fiers. Dès le début, nous avons senti que nous tenions quelque chose avec cette thématique de la jeunesse qui est l’ADN du festival. Nous avions envie d’entendre la jeunesse, lui tendre la main. Une fois que cet angle précis avait été posé, trouver des partenaires ou s’associer avec des professionnels a été finalement assez limpide. Je crois beaucoup à la manière dont la jeune génération, et donc les réalisateurs, peuvent réinventer le cinéma. Le septième art est arrivé à une période de renouvellement et c’est dans cette brèche que Nouvelles Vagues souhaite s’engouffrer.
Y a-t-il eu des moments particulièrement marquants pour vous au cours de ces quatre premières éditions de Nouvelles Vagues ?
Il y a eu des rencontres qui ont été importantes. Pouvoir accueillir des talents internationaux comme Sofia Coppola, Keira Knightley, Xavier Dolan ou encore Kristen Stewart restent des souvenirs inoubliables. Je me souviens aussi du cinéaste iranien Saeed Roustayi qui était président du jury des longs-métrages lors de la première édition. Lorsqu’il est retourné en Iran, il a été menacé de ne plus pouvoir travailler. Son sort a ému deux membres du jury qui vivaient alors à Los Angeles, Francesca Scorsese (fille de Martin Scorsese, ndlr) et Noah Centineo. Tous deux se sont battus, en mobilisant leurs réseaux, pour que sa situation soit mise en lumière. J’ai trouvé que c’était un geste fort et cela m’a vraiment convaincu qu’il fallait écouter la jeunesse puisque Francesca et Noah avaient alors moins de trente ans.
Vous êtes à l’affiche de la comédie Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi aux côtés d’Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain, film qui sera en salle le 7 octobre. Parlez-nous en…
J’adore Marc Fitoussi et c’était très agréable de travailler avec lui. J’y joue une comédienne avec mon propre nom dans un rôle sur un film qui se passe dans le milieu du cinéma. Le trait a été bien forcé parce que j’y suis littéralement insupportable et que j’envoie balader Isabelle Huppert qui interprète ici une figurante rêvant de grands rôles. Devoir mépriser une telle comédienne n’a pas été l’une des choses les plus évidentes que j’ai dû faire jusqu’à présent (rires) !
On vous voit de plus en plus dans des séries La Fièvre, Le Comte de Monte-Cristo ou encore dans la saison 4 de Baron Noir qui sera diffusée sur Canal+ en janvier 2027. À l’automne, on vous retrouve dans la série Rallye 8 (HBO Max) pour laquelle vous interprétez la pilote de rallye française Michèle Mouton.
J’ai été très honorée d’interpréter cette championne du monde du sport automobile qui a été une pionnière dans les années 1980 à une époque où les rallyes étaient uniquement disputés par des hommes. Malgré cela, elle a réussi à remporter quatre rallyes en championnat du monde. C’était un personnage extrêmement riche à incarner puisque j’ai dû réaliser un certain nombre de cascades. En outre, nous avons tourné une partie de la série au Sénégal où la moitié de l’équipe est tombée malade. C’était une aventure assez épique mais j’en garde un merveilleux souvenir.
Qu’est-ce qui guide encore vos choix, aujourd’hui, en tant que comédienne ?
Un scénario qui va me happer dès la première page est toujours bon signe. Comme celui sur Fantômas – Le nouveau monde de Frédéric Tellier qui sera en salles le 10 février 2027.
Je pense que je ne pourrais plus quitter Paris
Si je lis le scénario d’une traite, l’envie de faire le film en question sera là. Ce sont aussi des rencontres avec des cinéastes, aussi bien des femmes que des hommes. Dès le premier échange avec un réalisateur avec lequel on travaille, il y a une sorte de pacte implicite qui se noue. Il y un rapport de confiance qui s’établit entre le cinéaste et son comédien et c’est quelque chose que j’aime beaucoup.
Vous avez l’image d’une vraie Parisienne. Que représente Paris pour vous ?
À l’exception de trois années passées à New York et trois autres à Hong Kong, j’ai toujours habité Paris intra-muros. C’est une ville dans laquelle j’ai passé mon enfance et mon adolescence et où j’élève aujourd’hui mes enfants, dans le 10e arrondissement. Elle fait partie de moi et je pense vraiment que je ne pourrais plus la quitter.
Quelle est la première chose que vous faites lorsque vous revenez à Paris après vous en être absentée ?
M’assoir en terrasse. C’est le lieu parisien par excellence. On y retrouve quelqu’un puis une deuxième personne arrive, et une troisième… Culturellement parlant, c’est un espace très joyeux qui facilite les interactions sociales. Je fréquente les terrasses depuis que je suis au collège, où nous avions l’habitude de refaire le monde avec mes amis autour d’un café. J’étais déjà une Parisienne dans l’herbe (rires) !
D’après Ernest Hemingway, Paris est une fête. Et pour vous, Ana Girardot, si vous deviez définir la ville en un mot, ce serait lequel ?
Plus qu’une fête, je dirais que c’est un « lendemain de fête ». Il y a toujours quelque chose qui s’y passe, comme si justement la fête ne s’arrêtait pas. Si l’on s’ennuie, il suffit de changer de quartier pour retrouver de l’animation. Quoi qu’il arrive, Paris a toujours quelque chose de magique en elle !

Les adresses d’Ana Girardot
- Tout simplement mon restaurant préféré à Paris. Une délicieuse cantine japonaise où je me régale de bentos et de nouilles udon. Je ne m’en lasse pas ! 10 rue Saulnier, 9th.
- Le lieu idéal pour prendre un verre et ne pas avoir l’impression d’être à Paris. Son cadre verdoyant et perché en plein Montmartre est unique en son genre. Dans mes fantasmes les plus fous, c’est ici que je souhaiterais habiter. 23 avenue Junot, 18e.
- Je m’y rends aussi bien pour la qualité des expositions proposées que pour l’architecture du bâtiment qui m’émerveille à chaque fois. Je pense d’ailleurs que c’est mon monument préféré à Paris. Avenue Winston-Churchill, 8th
- L’endroit n’a presque pas bougé depuis mon enfance. Il y a les mêmes balançoires et le même manège où j’allais lorsque j’étais petite. Désormais, j’aime y emmener mes enfants. Place Edmond-Rostand, 6th
- Une librairie incontournable de la Rive Gauche où je pourrais passer des heures. Les libraires sont toujours d’excellents conseils et je ressors souvent les bras chargés de jolies trouvailles. 174 boulevard Saint-Germain, 6th.
- Ce n’est peut-être pas le cinéma le plus beau, esthétiquement parlant, mais je suis toujours sûr d’y trouver mon bonheur en raison du nombre impressionnant de salles. La 10 reste d’ailleurs ma préférée ! 7 place de la Rotonde, 1st.
- Pour des soins de la peau qui frôlent la perfection, c’est ici que ça se passe. Un tel moment de relaxation au sous-sol de l’Hôtel Costes suffit à me recharger les batteries pour longtemps. 7 rue de Castiglione, 1st.
- J’ai une vraie passion pour cette friperie de quartier qui regorge de merveilles. J’y fais régulièrement un créneau lorsque je vais chercher mes enfants à l’école. 11 rue des Petites Écuries, 10th
- J’ai mes habitudes dans cette institution à deux pas du Louvre. Pour moi, c’est tout simplement la meilleure terrasse de Paris. 6 , rue de l’Amiral de Colligny, 1st.
- Pour admirer le plus beau coucher de soleil de Paris, je recommande chaudement la terrasse de ce restaurant bien connu de l’île Saint-Louis. 1, rue des Deux Ponts, 4th.
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