Victoria Dauberville Une Parisienne en mouvement
Vous reprenez actuellement Classique ?, votre premier spectacle, au Théâtre Libre. Quelle en a été la genèse ?
Au départ, il y avait cette idée de prolonger ce que je propose sur les réseaux sociaux et en tant que performeuse. C’est surtout à la suite des Jeux olympiques de Paris 2024 que le spectacle a commencé à prendre forme dans ma tête. On m’a proposé de créer ma compagnie de danse, et je me suis dit que ce serait formidable de garder ce que j’avais présenté pendant cet événement, notamment en marge des épreuves de breakdance, mais avec ma signature en tant que danseuse et chorégraphe. Classique ? est véritablement né à ce moment-là.
De ce spectacle, il est dit en sous-titre qu’il s’agit d’un « ballet pas comme les autres ». À quoi le public doit-il donc s’attendre ?
Contrairement aux représentations à l’opéra, qui, parfois, durent plus de 3 heures, Classique ? ne dure que 1 heure 15. Par ailleurs, c’est un spectacle qui mélange différents styles de danse. Évidemment, il y a une grosse base de classique, mais j’ai souhaité y greffer d’autres genres, comme du hip-hop, de l’électro, du jazz ou de la techno. Avec cette pluralité de registres, je souhaite m’adresser à un large public, et pas uniquement aux amateurs de danse classique.
Vous avez d’ailleurs décidé de le construire comme un conte. Pourquoi ce choix ?
Il était important que le spectacle raconte une histoire. Avec Classique ?, je me livre totalement. En outre, j’avais vraiment envie que le sujet soit universel et que tout le monde puisse se reconnaître dans ce que je raconte. Sur scène, l’héroïne est indépendante et parvient à grandir grâce aux différentes rencontres qu’elle fait. C’est un conte, bien sûr, mais aussi un récit d’une grande modernité.
En janvier 2025, vous vous êtes rendue en Antarctique. Vous avez immortalisé ce voyage par cette photo devenue virale sur les réseaux sociaux, sur laquelle on vous voit avec votre tutu et vos pointes à l’avant d’un paquebot au-dessus des eaux glacées. Vous attendiez-vous à un tel raz-de-marée digital ?
Pas du tout ! Je trouvais la photo magnifique, mais j’étais très loin d’imaginer qu’elle susciterait un tel engouement. Assez rapidement, des internautes m’ont accusée d’avoir utilisé l’intelligence artificielle, puisque c’était un cliché considéré comme “trop beau pour être vrai”. Plutôt que de me vexer, je l’ai au contraire pris comme un compliment. C’est pour ça que j’ai eu l’idée de poster les coulisses de ce shooting insolite par la suite. Les gens ont compris qu’il n’y avait pas eu trucage, et j’ai été tranquille ! [Rires.]
Vous avez été formée à l’École de Danse de l’Opéra National de Paris. Quels souvenirs en gardez-vous ?
J’ai l’image d’une époque assez dure. Très vite, je me suis rendu compte que je ne rentrais pas dans le moule parce que je n’étais pas forcément en accord avec l’apprentissage de l’institution. J’avais du mal avec cette idée selon laquelle il fallait reformater les danseurs. Heureusement, cette expérience m’a aussi permis de faire des rencontres capitales avec de grandes figures de la danse, comme Sylvie Guillem, Marie-Agnès Gillot ou encore Agnès Letestu. Elles ont été très importantes pour moi.
Avec votre compagnon, Mathieu Forget, vous avez eu une belle mise en avant avec le clip Dansons, de Céline Dion, tourné à Paris. Comment vous êtes-vous retrouvés sur un tel projet ?
J’ai été directement contactée par le réalisateur du clip, Maxime Allouche. Peu de temps avant, j’avais rencontré quelques personnes de l’entourage de Céline Dion, qui m’avaient fait savoir que mon profil pouvait coller avec son univers. Et j’ai eu de la chance, puisqu’elle a voulu que je sois dans son clip ! Le projet s’est très vite mis en place, et, comme il était question d’amour à l’écran, j’ai souhaité que Mathieu fasse partie de l’aventure. Danser tous les deux, pour ce titre qui marquait le retour de Céline Dion, a été une magnifique expérience, comme un moment hors du temps.
Qu’est-ce que Paris représente pour vous ?
C’est ma ville d’attache. C’est à la fois mon terrain de jeu et l’endroit où je suis le plus créative. J’ai beaucoup voyagé, mais Paris reste pour moi la plus belle ville du monde. Parfois, cela fait du bien de la quitter, mais rien ne remplace ce sentiment d’éblouissement qui m’étreint chaque fois que je la retrouve.
Justement, qu’est-ce qui vous émerveille encore à Paris ?
Plein de choses. Aussi bien les couleurs spécifiques de la ville que les toits iconiques en ardoise ou même les Parisiens, aussi attachants qu’exécrables. Et ça reste bien sûr la capitale de l’amour. C’est peut-être un grand cliché sur Paris, mais ça continue de m’émouvoir.
D’après Ernest Hemingway, Paris est une fête. Et vous, Victoria Dauberville, si vous deviez définir la ville en un mot, ce serait lequel ?
Je dirais “mouvement”. Paris est en perpétuel mouvement. La vie ne s’arrête jamais vraiment. Et ça me correspond bien, puisque, en ce qui me concerne, je danse essentiellement dehors pour capter cette énergie si particulière.

Les bonnes adresses de Victoria Dauberville
- De mon point de vue, c’est ici que l’on trouve les meilleurs brunchs de Paris. J’aime beaucoup l’ambiance et je recommande le large choix de salades. Un vrai régal ! 15, rue de Babylone, 7e
- Un lieu très original pour prendre un verre à Saint-Germain-des-Prés. L’endroit est sur plusieurs étages, et on peut y siroter des cocktails proposés directement dans des bouteilles. 165, bd Saint-Germain, 6e
- Mon musée préféré à Paris. J’aime y aller aussi bien pour ses magnifiques collections que pour son architecture spécifique avec sa fameuse horloge. Esplanade Valéry-Giscard-d’Estaing, 7e
- Une librairie de quartier où j’achète tous mes livres. Parfois, j’y vais avec des auteurs en tête, et d’autres fois, non. Les propriétaires me sont toujours d’excellent conseil. 81, rue Saint-Dominique, 7e
- L’un des cinémas les plus récents de Paris. Avec ses sièges inclinables, c’est l’un des endroits les plus confortables pour découvrir un film. 3, rue d’Odessa, 14e
- La boutique des Champs-Élysées m’émerveille chaque fois que j’y vais. On dirait un musée. Et le spa est extraordinaire ! 68, avenue des Champs-Élysées, 8e
- Je ne me lasse pas de cet endroit, agréable à n’importe quelle période de l’année. Mon coin préféré ? Sa célèbre fontaine, sans laquelle le Jardin du Luxembourg ne serait pas vraiment ce qu’il est. Rue de Vaugirard, 6e
- J’y vais bien sûr pour les expositions, mais aussi pour son magnifique rooftop. Le restaurant Les Ombres, sur le toit, dispose d’un bar où j’aime me rendre, surtout le dimanche soir, pour terminer la semaine sur une bonne note. 37, quai Jacques-Chirac, 7e
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