Le spectacle de cabaret Move Me Once More met en scène « des personnages fantasques venus de tous les horizons ».
Benjamin Millepied À nous trois, Paris !
Vous venez aux Folies-Bergère avec trois ballets très différents. La musique en est-elle le fil conducteur ?
Ah oui, absolument. La musique est primordiale pour moi, et c’est à partir d’elle que vient l’inspiration dansée. Avec Summerland (du nom d’une petite ville californienne très ensoleillée), je voulais mettre à l’honneur November Ultra, une magnifique chanteuse pop et R’n’B française, qui sera sur scène, et grâce à qui j’essaie d’emmener les danseurs et le public dans son monde apaisant. Du bout des lèvres est un hommage à Barbara, et Move Me Once More est un spectacle de cabaret.
D’où le choix de venir aux Folies Bergère ?
Bien sûr ! Refaire un cabaret aux Folies Bergère fait sens. Il y aura une véritable histoire scénarisée, mais aussi des personnages fantasques venus de tous les horizons, d’une danseuse du Crazy Horse à Charly Voodoo, pianiste et chanteur chez Madame Arthur, ce célèbre cabaret de travestis. J’ai prévu des séances de pole dance et une bande-son allant d’Édith Piaf à Radiohead…
Pourquoi Barbara inspire-t-elle tant les chorégraphes (Béjart, Marie-Claude Pietragalla, etc.) ?
Parce que c’est musicalement très dansant, et que ses chansons sont une dentelle émotionnelle. Je l’aime depuis mon enfance, et, quand une chanteuse traverse votre vie, cela vous emplit d’envies et d’idées venant de ses textes. Barbara, c’était au départ un projet avec les danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. J’avais d’ailleurs commencé à travailler avec eux, mais je n’étais pas prêt.
Benjamin Millepied a choisi de poser ses valises dans la capitale, « un village […] rempli de gens passionnants qui aiment le spectacle ».
Et vous êtes parti de l’Opéra. Que retenez-vous de ces deux années (2014-2016) où vous avez dirigé le Ballet de l’Opéra de Paris ?
Cela reste douloureux… C’était tellement compliqué à comprendre… Mais je dois avouer qu’aujourd’hui je serais ravi d’y revenir pour y travailler un ballet. Les équipes ont changé, la roue tourne…
Après le Hangar Y, un ancien hangar à dirigeables situé à Meudon, où vous avez monté des projets, vous voici installé, avec votre Paris Dance Project, à Saint-Denis, dans la Cité du Cinéma, qui rouvre après de nombreux travaux. Que souhaitez-vous y faire ?
Faire vivre le lieu avec la danse. Y travailler avec mes danseurs, et y accueillir d’autres danseurs, car c’est très compliqué, à Paris, de trouver des studios de danse. Je veux aussi que les jeunes viennent rencontrer la danse ici.
Vous voilà maintenant posé à Paris. Qu’y ressentez-vous ?
Après avoir tant voyagé, j’ai une certaine émotion à revenir dans mon pays. Ce qui me frappe à Paris, c’est de voir à quel point il y a un public pour la danse. À New York, il n’y a pas le quart de l’offre qu’il y a ici. Et puis je reste étonné de voir que Paris est un village, d’une grande mixité, et rempli de gens passionnants qui aiment le spectacle. C’est aussi une ville somptueuse visuellement. Alors, je ne suis pas encore totalement Parisien, mais je le deviens !
Le ballet Summerland invite le public à entrer dans le « monde apaisant » de la chanteuse November Ultra.

Les bonnes adresses de Benjamin Millepied
- J’aime beaucoup emmener ma fille au parc des Buttes-Chaumont, parce que c’est un jardin qui sort vraiment de l’ordinaire, un jardin imaginaire, plein de fantaisie, où l’on monte, on descend, on se perd avec délice… 1-7, rue Botzaris 19e
- On dit beaucoup de mal du 15e , et je trouve cela très injuste. Parce qu’il y a le parc Brassens, qui est étonnant, il y a aussi le Village Suisse, qui est un très bon marché des antiquaires. Je vais souvent également au Marché du livre ancien et d’occasion, situé justement le long du parc Brassens, sous la halle des anciens abattoirs de Vaugirard. Parc Georges-Brassens. 2, place Jacques-Marette, 15e . Village Suisse. 78, avenue de Suffren, 15e . Marché du livre ancien et d’occasion. 104, rue Brancion, 15e .
- J’aime bien la librairie liée au fameux Institut d’Études Politiques, parce qu’on y déniche des livres de sciences humaines et de sociologie comme nulle part ailleurs. Et puis, pour trouver des livres en anglais, rien de mieux que la superbe librairie Shakespeare and Company. 187, boulevard Saint-Germain, 7e ; 37, rue de la Bûcherie, 5e .
- Parce que ses statues monumentales montrent un travail des corps qui me parle en tant que chorégraphe. Parce qu’il s’y trouve aussi ce très beau jardin qui est très calme. 77, rue de Varenne, 7e .
- C’est unique à Paris, de pouvoir voir des films d’anthologie sur grand écran, des films anciens ou des films d’auteur. Le quartier propose plusieurs lieux incontournables. Le Champo. 51, rue des Écoles, 5e . Reflet Médicis. 3, rue Champollion 5e . Christine Cinéma Club. 4, rue Christine, 6e
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